André François PDF

Jean Festugière était le deuxième d’une famille de neuf enfants, endeuillée par la mort prématurée de deux garçons, son frère aîné tué à la guerre en 1916, et un frère plus jeune mort d’une tuberculose mal soignée en 1921. Ce frère s’appelait André, et c’est en souvenir de lui que, en entrant en religion en 1924, Jean Festugière reçut le nom de  frère André-Marie . Il entre andré François PDF à l’École normale supérieure en 1918 où il obtient l’agrégation des lettres deux ans plus tard. André-Marie était son nom de religion, Jean son nom d’origine.


Il y a des comédiens qu’on reconnaît à leur voix, à leur démarche, à la façon qu’ils ont de tirer vers eux un personnage plutôt que d’aller vers lui. On les identifie sous la perruque. Sous l’uniforme ils ne trompent personne. Et puis il y a ceux qui semblent changer de visage et de stature, d’âge aussi et de rang social, en vrais caméléons de la scène ou de l’écran. En peinture, c’est pareil. Il y a des artistes qui font leur style et leur réputation sur quelques bâtons, sur la couleur d’une palette ou sur un thème qu’ils répètent et varient sans se lasser. Et puis il y en a d’autres qui jouent de tous les supports et de toutes les matières, qui passent de deux à trois dimensions avec bonheur, qui ne traitent jamais deux idées dans le même pot. André François est l’un de ces Fregoli des arts plastiques. Huile ou gouache, pastel ou fusain, tôle ou bois, tout lui est bon, tout lui est prétexte à invention, et les matériaux ne sont souvent qu’un tremplin pour une imagination qui ne s’encombre d’aucune règle et ne fait référence à aucun système. A la voir rassemblée, au Palais de Tokyo, ou au musée d’Art moderne (même si elle était montrée là, après l’épreuve du feu), on comprend bien la nature de l’homme, la constance des intentions, l’unicité et la cohérence de l’œuvre. Ce regard doux-amer sur les choses de la vie, cette ironie tendre avec laquelle il traite les acteurs de son quotidien, cette aptitude à jouer des formes et des matières au-delà de toute mode et de toute convention, font qu’il est impossible de situer André François: un artiste rare, un homme exceptionnel.

Du même coup, la carrière universitaire qui s’annonçait pour lui, se transforma en une vie entière de religieux dominicain, menée dans une fidélité scrupuleuse à la solitude de la vie claustrale et à l’observance de la règle. Il fut directeur d’études à l’École pratique des hautes études de 1942 à 1968, et membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1958. Ses recherches ont été consacrées à la pensée religieuse de l’Antiquité païenne, dans ses contacts avec le christianisme naissant. Une notice nécrologique a été rédigée par Pierre Hadot dans l’Annuaire de l’École pratique des Hautes études. Juil-sept 2008 : Le Père André-Jean Festugière : une histoire littéraire et doctrinale du besoin d’être avec Dieu dans le monde romain, Henri Dominique Saffrey. Allocution à l’occasion du décès du R. Notice sur la vie et les travaux du RP André-Jean Festugière, par Jacqueline de Romilly, CRAI, 1987.

La bibliographie établie par le Père Saffrey dans le Mémorial A. Firmicus Maternus, Porphyre, Sallustius, traduits du grec ancien et présentés par André-Jean Festugière, Éditions du Vieux Colombier, 1944. 1961 à 1965 aux Éditions du Cerf. Les Trois protreptiques de Platon : Euthydème, Phédon, Epinomis, trad. Léontios de Néapolis, Vie de Syméon le Fou et Vie de Jean de Chypre, éd. Ryden, Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 1974.

Deux prédicateurs de l’Antiquité : Télès et Musonius, trad. Actes des conciles d’Éphèse et de Chalcédoine, trad. Le corpus athénien de saint Pachôme édité par le P. François Halkin avec une traduction française par le P. Sources Chrétiennes, Éditions du Cerf, 1983. Introduction et traduction par André-Jean Festugière, Notes par H. Saffrey et préface de Jacques Le Goff, Éditions Macula, Paris, 1986.

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