Blanche de Castille. Régente de France, mère de Saint Louis PDF

Blanche de Castille, détail d’une miniature de la Bible moralisée de Tolède, 1240. Plantagenêt, elle épouse le 23 mai 1200 le prince Louis, fils et héritier de Philippe Auguste. Lion Grandes Chroniques de France, enluminées par Blanche de Castille. Régente de France, mère de Saint Louis PDF Fouquet. Selon la volonté de sa grand-mère Aliénor d’Aquitaine, et pour sceller la paix entre la France et l’Angleterre, l’une de ses petites-filles devait épouser le prince Louis, fils et héritier du roi Philippe Auguste.


Femme de caractère, mère de Saint Louis, guerrière, réformatrice, régente… Blanche de Castille renforcera fortement la monarchie française et laisse à son fils un royaume agrandi. Marcel Brion nous livre ici l histoire formidable d un des personnages les plus importants de l histoire de France.
Fille du roi de Castille Alphonse VIII et d’Aliénor d’Angleterre, Blanche de Castille se marie en 1200 au dauphin Louis, fils de Philippe Auguste, qui deviendra Louis VIII. Ce mariage n a pas l’effet politique espéré, c’est-à-dire la réconciliation entre le Capétien et le roi d’Angleterre, oncle maternel de la mariée.
Blanche donne à son mari au moins dix enfants, et elle surveille avec une rigueur devenue légendaire leur éducation morale et religieuse. Louis VIII la consulte à de nombreuses reprises sur les affaires du royaume et, dans son testament, il la désigne comme régente et comme tutrice de leurs enfants. À la mort de son mari, en 1226, elle rencontre cependant l’hostilité violente des barons, vivement opposés au gouvernement d’une femme, étrangère de surcroît, qui, en outre, s’appuie sur un autre étranger, le légat Romano Frangipani, dit le cardinal de Saint-Ange. La régente sait déjouer leur coalition en les divisant. Elle achève, d’autre part, la mainmise royale sur le Languedoc par la conclusion du traité de Meaux-Paris, en 1229.
Lorsque le futur Saint-Louis (dont on fête le 800 anniversaire de la mort) prend le gouvernement du royaume à sa majorité (1234), il laisse la plus grande influence politique à sa mère et lui confie de nouveau la régence pendant la croisade de 1248. Blanche de Castille meurt pendant le séjour du roi en Terre sainte.

Le 9 avril 1200, Blanche et sa grand-mère arrivent à Bordeaux, escortées d’une nombreuse députation castillane. Elles se rendent ensuite en Normandie auprès de leur fils et oncle Jean sans Terre, et de Philippe Auguste, puis au château de Boutavant, résidence de Jean sans Terre. En l’absence des deux rois, la cérémonie est présidée par l’archevêque de Bordeaux. Blanche a douze ans et Louis treize ans. Elle donne au roi douze enfants, deux filles et dix garçons dont des jumeaux. Cinq seulement atteignent l’âge adulte, quatre meurent durant l’adolescence et les autres en bas âge. Cette descendance, couplée avec son esprit, sa grande piété et l’éducation attentive de ses enfants, font d’elle une reine très appréciée.

Femme de caractère, elle ne ménage pas son soutien à son époux lorsque celui-ci veut se lancer à la conquête de l’Angleterre en 1216-1217. Aussi célèbre par sa beauté que par sa sagesse, on raconte qu’elle inspire une vive passion à Thibaut de Champagne, qui la seconde dans sa politique et la chante dans ses vers. Elle installe en 1251 dans l’abbaye de Juilly un orphelinat pour les enfants de chevaliers morts en croisade. 1226, la reine se ressaisit vite et soutient avec force les membres du gouvernement alors en place pour faire de son fils Louis le vrai et authentique roi de France. Enceinte d’un douzième enfant à la mort de son époux, Blanche de Castille voit se liguer contre elle de puissants barons qui commencent par mettre en doute sa vertu. Comme régente, Blanche de Castille peut compter sur quelques fidèles, mais la plupart des grands vassaux se liguent pour s’emparer du gouvernement.

Femme de caractère, la reine ne s’en laisse pas conter, elle négocie âprement le ralliement à la couronne de ceux qui hésitent, et impose son autorité aux autres. Réfugié avec Blanche dans la forteresse de Montlhéry, le roi ne doit son salut qu’à la population parisienne, qui alertée par Blanche est venue le chercher et l’escorter jusqu’à Paris. Ce n’est qu’en 1229 que les insurgés, défaits par l’armée royale, accepteront de rentrer dans le rang. Selon les chroniqueurs de l’époque, Blanche accomplit ses fonctions avec une fermeté admirable, supportant toutes les injures, les calomnies, les attaques inouïes contre sa vie privée et sa conduite du gouvernement du royaume. C’est sous le règne de son mari Louis VIII, qu’elle convainc d’intervenir, puis sous sa régence et puis sous le règne de son fils Louis IX qu’elle inspirait qu’eurent lieu les massacres des Cathares. Souveraineté royale et État : ces concepts sont encore récents dans la France du début du règne de Saint Louis.

Affirmé seulement depuis Philippe Auguste, ce nouveau modèle n’est donc pas encore très solide. Les partisans de l’ancien système, celui de la féodalité triomphante, en sont d’autant plus dangereux. Le 6 janvier 1227, la reine Blanche, sur les suggestions de ses conseillers, libère Ferrand de Flandre, emprisonné après la bataille de Bouvines au cours de laquelle il avait commis une trahison. Elle libère aussi d’autres hommes pour leur montrer qu’elle leur pardonne. France avec Marguerite de Provence, Blanche s’efface.

Elle doit de plus en plus partager la direction du royaume avec son fils. Louis a déjà pris son envol et dirige désormais les affaires du pays. Retirée à Melun vers la fin de sa vie, elle y meurt en 1252, alors que son fils saint Louis est en croisade avec sa femme Marguerite. Elle serait fêtée le 27 novembre ou le 2 décembre, suivant les sources. Ouvrages Marcel Brion, Blanche de Castille. Régente de France, mère de Saint-Louis, Tallandier, 2014, 368 p. Philippe Delorme, Blanche de Castille : épouse de Louis VIII, mère de Saint Louis, Paris, Pygmalion, 2002, 319 p.

Lindy Grant, Blanche of Castille, Queen of France, New Haven-Londres, Yale university press, 2016. Gérard Sivéry, Blanche de Castille, Paris, Fayard, 1990. Jean Richard,  Les pouvoirs de Blanche de Castille , dans Éric Bousmar, Jonathan Dumont, Alain Marchandisse et Bertrand Schnerb, éd. Femmes de pouvoir, femmes politiques durant les derniers siècles du Moyen Âge et au cours de la première Renaissance, De Boeck, 2012, p. José Enrique Ruiz-Domènec,  Les souvenirs croisés de Blanche de Castille , dans Cahiers de civilisation médiévale, 42e année, no 165, janvier-mars 1999, p. Philippe Contamine et Olivier Guyotjeannin, dir.

La guerre, la violence et les gens au Moyen Âge : 119e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Amiens, 1994, vol. Blanche infante de Castille, mère de St. L’émission Secrets d’histoire sur France 2 du 5 juillet 2018, intitulée Blanche de Castille, la reine-mère a du caractère, lui était consacrée. Louis VIII, mère de Saint Louis, Pygmalion, 2015, p.

Gérard Sivéry, Blanche de Castille, Fayard, 1990, p. Respectivement grand-père et père de son époux. André Burguière, Robert Descimon, Jacques Revel, Alain Guéry, Jacques Le Goff, Histoire de la France, Seuil, 2000, p. Jacques Le Goff, Saint Louis, éditions Gallimard, 1996, p. Gérard Sivéry, Saint Louis, Paris, 2007.

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