Charlemagne : Et la dynastie carolingienne PDF

Arbre généalogique charlemagne : Et la dynastie carolingienne PDF Carolingiens, Chronicon Universale d’Ekkehard d’Aura. Gisants de Pépin le Bref et Bertrade de Laon, dans la basilique Saint-Denis. Arnoul de Metz aux rois francs de Cologne, via Bodogisel, Mummolin et Mundéric.


Charlemagne et la dynastie carolingienne

Il y a 1200 ans, Charlemagne unifia sous sa seule autorité la majeure partie de l’Europe occidentale, de l’Ebre jusqu’à l’Elbe. «Phare de l’Europe», comme le nomme un poète contemporain, il a posé les principes de gouvernement dont ont hérité les grands États européens.
Tout commence au VU » siècle, lorsque ses ancêtres, les Pippinides, deviennent maîtres du royaume d’Austrasie, puis de l’ensemble du monde franc, en exerçant les fonctions de maire du palais. Charlemagne poursuit alors l’ascension politique de sa famille en accédant à l’Empire. Le couronnement de l’an 800 est le résultat d’une politique territoriale, militaire, religieuse et culturelle sans égale. L’extension du royaume grâce à de multiples campagnes militaires, la conversion au christianisme des populations nouvellement soumises, la réforme de la société ou la réalisation de manuscrits somptueusement enluminés font du règne de Charlemagne le point d’orgue de la «renaissance» carolingienne. Ce mouvement dure un siècle, du règne de Charlemagne à celui de Charles le Chauve, qui ouvre la lignée des Carolingiens de Francie occidentale. Leur histoire est ici présentée jusqu’à celle de Louis V, à qui aurait dû succéder Hugues Capet, fondateur d’une dynastie qui construira la France pendant huit siècles.

Philippe Depreux, professeur d histoire médiévale à l’université de Limoges, est spécialiste du haut Moyen Age occidental.

Les Pippinides détiennent pendant plusieurs générations, la charge de maire du palais sous le règne des souverains mérovingiens d’Austrasie. En 741, Charles Martel, maire du palais auprès des rois mérovingiens qui avait sauvé le royaume des francs, meurt. Il laisse deux fils : Carloman et Pépin. Se qualifiant de dux et princeps Francorum, duc et prince des Francs, ils vont assumer la fonction de maire du palais. Denier de Lyon sous Pépin le Bref.

En 747, Carloman décide de se retirer du jeu politique, cédant sa place à son frère, en rejoignant un monastère de Lombardie. Quatre années plus tard, Pépin, cherche à obtenir l’appui de l’Église et de l’aristocratie. Pépin devient donc le premier représentant de la dynastie carolingienne. Cette élection se passe, pour une fois, sans effusion de sang. Soissons, l’évêque Boniface, son conseiller diplomatique, le sacre au nom de la sainte Église catholique. Charlemagne, fils de Pépin le Bref, est sans aucun doute le souverain qui marque le plus l’époque carolingienne, par la longévité de son règne, mais aussi grâce à son charisme et à ses conquêtes militaires. Denier sous Charles Ier dit Charlemagne.

Intaille représentant Julie, fille de Titus. Du point de vue culturel, l’époque de Charlemagne, de son fils Louis le Pieux et de ses petits-fils est connue sous le nom de  Renaissance carolingienne . Mais Charles et Pépin moururent avant Charlemagne, et, dès 813, Louis fut associé par son père à la direction de l’empire. Charlemagne, le 28 janvier 814, Louis devint donc seul roi des Francs et empereur d’Occident. Les premières années du règne de Louis le Pieux se font dans la droite lignée de celui de Charlemagne, notamment en termes de réforme religieuse.

Charlemagne et son fils Louis le Pieux. Les années suivantes sont occupées par une remise en cause du pouvoir de Louis par ses propres fils, devenus adultes, et fort impatients de régner. Au premier plan, son aîné, Lothaire, couronné coempereur avec son père, et qui supporte mal de rester dans l’ombre de son père pendant toutes ces années. La situation est tendue à la cour d’Aix-la-Chapelle. En 829, à la suite des exigences de Judith, Louis accepte de revoir le partage de l’empire afin de pourvoir son dernier fils, Charles, d’un royaume, tout comme ses demi-frères. L’assemblée des grands, réunie à Worms, accepte la création d’un nouveau royaume, dans l’Est de l’empire, pour le jeune Charles. Mais dès l’année suivante, la situation se dégrade.

Cette première déchéance est suivie en 833 d’une seconde déposition beaucoup plus grave pour Louis le Pieux. Cette fois, devant tous les grands seigneurs du royaume, Lothaire contraint son père à abdiquer, et le fait enfermer au monastère Saint-Médard de Soissons. Judith et Charles sont également contraints à entrer en religion. Les dernières années du règne de Louis le Pieux sont occupées par des luttes incessantes entre ses fils, des convocations sans nombre de l’armée, des serments prêtés et violés.

Louis finit par se fâcher durablement avec son troisième fils Louis, roi de Bavière, qui refuse de demander pardon pour ses actes. En 840, Louis le Pieux, miné par tous ces conflits, meurt dans une situation instable. Après la mort de Louis Ier le Pieux, il reste trois fils vivants, Lothaire, fils aîné et héritier du titre impérial, Louis roi de Bavière, Charles roi de Francie occidentale. Lothaire choisit de ne pas respecter tous les traités signés et tente de mettre la main sur la totalité de l’empire, jugeant qu’il lui revient de droit, en tant que fils aîné. Cependant, le titre impérial se vide de son importance : après le partage de Verdun, Lothaire conserve la dignité impériale, mais dans les faits celle-ci n’est plus qu’une convention qui ne correspond plus à aucun pouvoir qui soit supérieur à celui des autres rois.

Lothaire est le premier des trois frères à décéder, laissant l’empire à la merci des deux autres. Finalement, après maintes péripéties, son domaine est progressivement rattaché à la Francie orientale, l’Escaut marquant la frontière entre les Francies occidentale et orientale. Et le roi de Francie orientale récupère, par la même occasion, le titre d’empereur. Les Vikings désignent de manière générale tous les peuples du nord, qui viennent de l’actuelle Scandinavie. Vers 800, les Vikings, sans renoncer aux pratiques commerciales, prennent conscience d’un nouveau moyen d’enrichissement. De 800 à 850 environ, les Vikings continuent leurs pratiques commerciales tout en tentant des coups de force sur des établissements monastiques isolés, quand l’occasion s’en présente.

Le premier établissement à en faire les frais est le monastère de Lindisfarne, sur les côtes britanniques, qui est attaqué par les Vikings en 793. Après cette première attaque, la pression des Vikings s’accentue : ils remontent les fleuves à bord de leurs navires à fond plat, improprement nommés  drakkars , et pillent les trésors des abbayes avant de s’en retourner en Scandinavie. Pour l’heure, il ne s’agit que d’expéditions de courtes durées : les Normands pillent, emportent des biens, et repartent, le plus souvent après avoir incendié les lieux. Ce sont désormais des bandes beaucoup plus organisées, qui ont décidé à l’avance de leur parcours et qui savent où se rendre. Les expéditions sont aussi plus nombreuses, parfois une centaine de barques, contre une petite dizaine, au maximum, au début du siècle. Enfin, ils ne se contentent plus de piller et de repartir.

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