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Sauter construire le progres social PDF la navigation Sauter à la recherche Le terme territoire est polysémique : il renvoie à des significations variées qui dépendent de l’angle d’approche, des disciplines et de l’époque. On trouve une multitude d’autres définitions pour le concept de territoire qui ne dépendent pas de l’angle d’approche et de l’époque des paradigmes géographiques étudiés.


Quelle que soit l’approche du concept, un territoire implique l’existence de frontières ou de limites. Ces deux derniers termes sont utilisés en fonction du type de territoire dont ils forment le périmètre. Dans son ancienne acception, le territoire est synonyme de Région, Contrée ou Province. L’utilisation du terme de territoire dans le vocabulaire géographique et dans d’autres sciences sociales est récente. La première utilisation importante du terme en géographie humaine peut toutefois être attribuée à Claude Raffestin avec la parution de Pour une géographie du pouvoir en 1980. Le mot territoire et la notion d’inégalité territoriale sont beaucoup utilisés depuis les années 1990 par les sciences sociales et politiques. Cette tendance concerne plus le monde francophone que le monde anglophone.

Neuf sous-définitions permettent d’expliquer la manière dont cette définition évolue dans le temps : Pendant longtemps, la notion de territoire est mise de côté au profit de celle d’espace qui semble plus savante. Le terme de territoire est préféré par ceux qui souhaitent apporter un sens non exclusivement géographique. Le terme de territoire est parfois utilisé pour différencier le réel du concept. Selon cette idée, le territoire renvoie au réel, à l’espace socialisé alors que la notion d’espace géographique est une catégorie de pensée qui vise à produire de la connaissance. Dans le sens privilégié en science politique et selon son utilisation la plus ancienne, le territoire, à travers des frontières définissant un dedans et un dehors par rapport à un État, sert à définir un espace contrôlé-borné. Dans le sens biologique ou ethnographique, le territoire désigne un espace protégé par un groupe qui peut l’avoir obtenu de manière violente et qui a le contrôle sur celui-ci.

Le territoire pourrait désigner la période la plus récente de l’histoire de la géographie. La notion désignerait alors le fait de prendre en compte, en géographie, les espaces vécus. Dans cette acceptation, le territoire n’est plus synonyme d’espace. Pour Jean-Paul Ferrier, la manière la plus pertinente d’appréhender le territoire comme espace à métrique topographique est de le lier au réseau parce que cela permet de pendre en compte les phénomènes qui dépassent un territoire borné et donc de mieux comprendre les liens entre le territoire et ses composantes. Le territoire est un  agencement de ressources matérielles et symboliques capables de structurer les conditions pratiques de l’existence d’un individu ou d’un collectif social et d’informer en retour cet individu ou ce collectif sur sa propre identité . Les enjeux de cette définition sont liés aux questions de matérialité, d’appropriation, de configuration spatiale et d’autoréférence. Cette dernière part de la construction symbolique de la vision du monde et le territoire acquiert alors une valeur symbolique en référence à l’individu ou au groupe qui l’a construit.

Actuellement, on observe que l’idée de représentation tend à prendre le pas sur celle de matérialité du territoire. Le territoire est  toute portion humanisée de la surface terrestre . Il est l’interface entre nature et culture. Le territoire est alors le décor où se déroulent les activités humaines. Les différentes approches semblent toutes partager l’idée qu’aucun territoire n’est donné mais qu’il est construit socialement. En réalité, les définitions proposées par plusieurs des auteurs ne se laissent pas enfermer dans un champ particulier de la géographie ou des sciences sociales plus largement.

Leur définition fait donc appel à plusieurs domaines. Guy Di Méo, par exemple, propose une définition qui fait la synthèse entre approches identitaires, politiques et des projets collectifs. Quant à Bernard Debarbieux, il propose une conception du territoire comme des ressources matérielles et symboliques ayant la capacité de structurer l’existence pratique des individus tout en étant créateur d’identité. L’une des dimensions du territoire est le milieu physique.

En raison de l’existence de différents phénomènes géomorphologiques en action sur la planète, le territoire physique est en perpétuel mouvement. En géographie politique, le territoire est défini en se concentrant sur les rapports de pouvoir et leurs transcriptions dans l’espace. Cette définition est utile pour la compréhension du terme en géographie politique mais il est important de relever que Marie-Christine Jaillet est critique par rapport à cette définition qui n’est, selon elle, plus d’actualité, notamment en ce qui concerne l’idée qu’à chaque groupe correspond un territoire. Même si leur inspiration ne se limite pas uniquement à ce champ, deux auteurs sont emblématiques de la compréhension du terme de territoire en géographie politique et ils en ont proposé tous les deux une définition dans les années 1980. Selon Robert David Sack, le territoire est une portion de l’espace délimitée pour exercer un pouvoir. L’auteur relie la territorialité humaine aux stratégies de contrôle des humains. Claude Raffestin, quant à lui, s’oppose à la définition de Robert David Sack qui considère la territorialité comme étant le contrôle d’une aire.

Pour lui, cette définition assimile la territorialité humaine à la territorialité animale en ne prenant pas en compte le pouvoir. En géopolitique, le territoire désigne uniquement l’espace sur lequel un État-Nation exerce sa puissance. Dans ce sens, le territoire est directement relié à l’existence de l’État. Ceci implique que l’État doit mettre en place un espace borné et reconnu, autant par la population résidente que par les autres États. En géographie culturelle, on aborde la notion de territoire en se focalisant sur sa dimension culturelle et sa dimension identitaire dans son rapport à l’espace.

Le territoire est donc définit par la relation culturelle d’un groupe avec le maillage de son espace. Christine Chivallon propose une définition allant dans le même sens que celle de Joel Bonnemaison : le territoire est un mode de relation à l’espace. Ainsi, selon elle, un territoire est formé par un groupe singulier ayant un rapport particulier à l’espace. Puisqu’il existe, dans le monde francophone, un usage très vaste du terme de territoire, il est intéressant de se pencher sur sa traduction anglaise : territory.

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