Créatures : portraits d’animaux, gravures, dessins et aquarelles PDF

Ernest Bussière, buste de Grandville, 1893, parc de la Pépinière, Nancy. Jean Ignace Isidore Gérard est né à Nancy, dans l’est de la France, dans une famille d’artistes et de comédiens. Homme aux identités multiples, il sera toujours appelé Adolphe par les siens, du prénom d’un jeune frère mort deux mois avant sa naissance :  C’est ainsi qu’il entonne ce long duo avec la mort qui naît d’un baptême endeuillé, modulé tout au long de sa vie dans les registres divers des œuvres qu’il crée et des sorts qu’il subit. C’est à Créatures : portraits d’animaux, gravures, dessins et aquarelles PDF qu’il grandit et reçoit ses premières leçons de dessin de son père, musicien amateur mais surtout peintre miniaturiste  pour la tête, la fleur ou le paysage .


La misère règne alors à Nancy et la vie du foyer des Gérard n’y est pas facile : outre le couple et ses quatre enfants, il y vit une aïeule, Marie-Anne, ancienne  comédienne du Roi  dont les récits nostalgiques relatifs aux fastes de la cour de Stanislas fascinent. En tant qu’artiste, Adolphe adopte Jean-Jacques comme prénom et reprend également de ses grands-parents le nom de  Grandville . Il semble suivre les traces de son père et s’attache à dessiner les membres de sa famille, le spectacle de la rue et, progressivement, s’émancipant des principes inculqués, se fait une spécialité de  défigurer avec malice ces physionomies que l’adulte met tout son art à figurer . Son talent de caricaturiste s’affiche précocement. L’opposition au père entre pour quelque chose dans cette velléité de transgression, mais on peut y voir également le dépassement du simple apprentissage. Grandville s’initie en recopiant les modèles de caricatures qu’il trouve dans la nouvelle presse satirique comme Le Nain jaune. Il se forge une opinion libérale, anticléricale.

Dès 1820, il conçoit des créatures hybrides, mi-hommes mi-animaux, qui deviendront rapidement la marque de son talent. Leur premier fils, Ferdinand, naît en 1834, mais ne vit que quatre ans. Un deuxième fils, Henri, vient au monde à l’automne 1838, mais meurt en 1841, étouffé en mangeant un morceau de pain, en présence de ses parents. Grandville ayant perdu en dix ans sa première femme et les trois enfants qu’il en a eus est physiquement et mentalement brisé. Il tombe malade à plusieurs reprises. En 1847, alors qu’il séjourne dans sa maison de villégiature de Saint-Mandé, il est atteint d’une crise de folie et est transporté dans une clinique de Vanves.

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