Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes PDF

Le Discours sur les sciences et les arts est un texte de Jean-Jacques Rousseau écrit discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes PDF le cadre du concours de l’Académie de Dijon de 1750. Lauréat du concours, Rousseau voit son essai, qui est à contre-courant des idées des Lumières de son temps, très critiqué mais lui doit, à 38 ans, une célébrité polémique, douze ans avant son œuvre majeure Du contrat social.


Paru en 1755, le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes peut être considéré comme la matrice de l’œuvre morale et politique de Rousseau : il y affirme sa stature de philosophe, l’originalité de sa voix, la force de son « système ».
Résoudre le problème posé par l’Académie de Dijon – « quelle est la source de l’inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ? » –, en d’autres termes expliquer que riches et puissants dominent leurs semblables sur lesquels ils n’ont pas de réelle supériorité, exige aux yeux de Rousseau de poser à nouveaux frais la question « qu’est-ce que l’homme ? ».
Pour cela, il faut comprendre comment s’est formée sa « nature actuelle », si éloignée de ce que serait son état de nature : « Si je me suis étendu si longtemps sur la supposition de cette condition primitive, c’est qu’ayant d’anciennes erreurs et des préjugés invétérés à détruire, j’ai cru devoir creuser jusqu’à la racine… »

Présentation, notes, bibliographie et chronologie par Blaise Bachofen et Bruno Bernardi
Illustration de la couverture: Virginie Berthemet © Flammarion

L’auteur présente en deux parties une diatribe contre les sciences et les arts qui corrompent les mœurs et éloignent les hommes de la vertu et de leurs qualités guerrières. Rousseau s’y réfère à un mythique âge primitif :  On ne peut réfléchir sur les mœurs, qu’on ne se plaise à se rappeler l’image de la simplicité des premiers temps. C’est un beau rivage, paré des seules mains de la nature, vers lequel on tourne incessamment les yeux, et dont on se sent éloigner à regret. Quand les hommes innocents et vertueux aimaient à avoir les dieux pour témoins de leurs actions, ils habitaient ensemble sous les mêmes cabanes . Mais  Nos âmes se sont corrompues à mesure que nos sciences et nos arts se sont avancés à la perfection.

On a vu la vertu s’enfuir à mesure que leur lumière s’élevait sur notre horizon, et le même phénomène s’est observé dans tous les temps et dans tous les lieux. Selon Rousseau, les sciences et les arts n’ont fait que corrompre les mœurs et camoufler le joug des tyrans en occupant les hommes à des futilités et leur faisant oublier leur servitude. La multiplication des commodités de la vie, le perfectionnement des arts firent s’évanouir les vertus militaires. Si la culture des sciences est nuisible aux qualités guerrières, elle l’est encore plus aux qualités morales. C’est dès nos premières années qu’une éducation insensée orne notre esprit et corrompt notre jugement. Je vois de toutes parts des établissements immenses, où l’on élève à grands frais la jeunesse pour lui apprendre toutes choses, excepté ses devoirs. Délétères au plus grand nombre, sciences et arts ne nuisent toutefois pas aux grands hommes tels René Descartes ou Isaac Newton : « Il n’a point fallu de maîtres à ceux que la nature destinait à faire des disciples.

La publication de ce texte suscita de vives polémiques, Rousseau répond à certains critiques. Le duc de Lorraine, roi déchu de Pologne, Stanislas Leszczynski a publié une Réponse au discours qui a remporté le prix de l’Académie de Dijon. Octobre 1749 : Rousseau prend connaissance de la question de l’Académie de Dijon en lisant Le Mercure de France. Il discute de son projet avec Diderot et en commence la rédaction. Mars 1750 : Envoi du texte à l’Académie de Dijon. 9 juillet 1750 : l’Académie décerne le prix au Discours.

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