Enlevée par Boko Haram PDF

Le 7 mars 2015, Boko Haram prête allégeance à l’État islamique, enlevée par Boko Haram PDF ce dernier reconnaît officiellement cinq jours plus tard. En août 2016, le groupe se scinde en deux. Abubakar Shekau est écarté par l’État islamique pour  extrémisme  et est remplacé par Abou Mosab al-Barnaoui. Opposé à cette décision, Shekau prend alors la tête d’une faction qui réadopte son ancien nom de  Groupe sunnite pour la prédication et le djihad .


Assiatou a quatorze ans. Sa vie bascule le 24 novembre 2014, quand Boko Haram fait main basse sur sa ville, Damasak, au nord-est du Nigeria. En entendant les tirs des kalachnikovs retentir, sa mère se précipite dans l’école pour la récupérer, sachant que les sanguinaires sont là pour enlever les jeunes et jolies filles.

Assiatou raconte comment elle est conduite dans une maison confisquée à ses propriétaires, où, avec une quarantaine d’adolescentes, on la soumet à un apprentissage intensif du Coran, aux tâches ménagères… Un rituel qu’elles suivent toutes pendant plusieurs jours, jusqu’à la date fatidique de leur livraison à  » l’époux « . Celui d’Assiatou a l’âge de son père. La jeune fille quitte alors une prison pour une autre.

Mariée de force, violée, elle n’a qu’une idée en tête : fuir le plus loin possible de cet homme, qu’elle nomme  » le criminel « , loin de la geôle, loin du Nigeria, sa terre natale. Elle adopte alors un comportement exemplaire lui permettant quelques moments de liberté pour une balade avec trois amies, elles aussi prisonnières. Ensemble, elles fomentent leur évasion en direction de la frontière du Niger. C’est dans ce pays qu’Assiatou retrouve sa famille. C’est ici qu’elle obtient le statut de réfugiée. C’est ici qu’elle espère gagner une nouvelle vie, notamment par le biais du retour à l’école.

Enlèvements de Boko Haram :

pour la première fois, une adolescente témoigne

Le mouvement est à l’origine de nombreux massacres, attentats et enlèvements à l’encontre de populations civiles de toute confession, au Nigeria mais aussi au Cameroun, au Niger et au Tchad. Le 7 avril 2014, le Nigeria devient officiellement la première puissance économique d’Afrique. En 2016, Vincent Foucher, chercheur à l’International Crisis Group, déclare :  Dans ce pays, l’État est à la fois très puissant et intermittent. Il est brutal, corrompu et décevant pour beaucoup de Nigérians. Les forces de l’ordre ont un droit à l’abus que j’ai rarement constaté ailleurs.

Au Nigeria, État fédéral, les inégalités entre le nord, majoritairement musulman, et le sud, majoritairement chrétien, se creusent au début des années 2000, sous le mandat d’Olusegun Obasanjo. En l’an 2000, la charia est instaurée dans les États musulmans du nord, cependant elle s’avère moins religieuse que politique. Surnommé le  Pakistan d’Afrique , le nord-est du Nigeria est parcouru par des dizaines de milliers de prédicateurs itinérants. Dans l’État de Yobe, l’un d’eux, Mohamed Yusuf, commence à se démarquer dans les années 2000.

Il fonde en 2002, le mouvement qui va devenir plus connu par son surnom de  Boko Haram . Celui-ci élu, il crée un ministère des Affaires religieuses et nomme à sa tête Buju Foi, un membre de Boko Haram. 2003 cependant, la police de l’État de Yobe attaque la  cité céleste  de Yusuf à Kannamma. En 2007, Ali Modo Sheriff est réélu gouverneur de l’État de Borno au terme d’une campagne marquée par des assassinats politiques.

Kashim Ibrahim Imam, membre du Parti démocratique populaire. Ali Modo Sheriff cherche alors à se débarrasser de la secte. Ce nom aurait été attribué par la population locale et les médias, marqués par le discours de son chef rejetant l’éducation  occidentale . Selon Marc-Antoine Pérouse de Montclos de l’Institut de recherche pour le développement,  le groupe tient à la fois de la secte et du mouvement social. D’après lui, son discours est également très hétérodoxe :  la doctrine de Boko Haram ne correspond pas vraiment au modèle wahhabite : c’est une secte qui endoctrine et a recours à la magie. Une dizaine de jours plus tard, dans une nouvelle vidéo, Abubakar Shekau expose sa doctrine idéologique et se réfère à Ibn Taymiyya et Mohammed ben Abdelwahhab. Article détaillé : Insurrection de Boko Haram.

Bauchi, Wudil, Potiskum et Maiduguri, les quatre villes les plus touchées par les combats de 2009. L’armée mettra quatre jours à venir en aide à la police locale. En septembre, elle refait surface de façon spectaculaire en prenant d’assaut la prison de Bauchi réussissant à libérer 700 prisonniers dont 150 adeptes. En mai 2013, à la suite d’un nombre important d’attaques, l’armée nigériane lance une grande offensive contre les jihadistes. L’armée nigériane remporte d’abord quelques succès.

Mais le groupe djihadiste reprend progressivement l’initiative. Le 14 mars 2014, ils attaquent la caserne de Giwa, à Maiduguri, et délivrent plusieurs centaines de personnes qui y étaient détenues. En août 2014, Boko Haram passe à l’offensive et commence à conquérir plusieurs villes. En février, l’armée tchadienne intervient au Nigeria et remporte une série de victoires contre les djihadistes. L’armée nigérienne se retrouve également confrontée à Boko Haram après plusieurs mois de face à face tendu le long de la frontière.

Boko Haram perd alors les villes conquises, devant les offensives des armées nigérianes, tchadiennes et nigériennes. Après plusieurs mois d’interventions militaires tchadiennes et nigériennes et de contre-offensives nigérianes, Boko Haram est lourdement affaibli et a perdu l’essentiel de ses conquêtes de 2014. Dans les mois qui suivent, les forces de Boko Haram lancent plusieurs assauts contre les positions des militaires sur la frontière camerounaise, notamment à Fotokol, théâtre de plusieurs combats. Depuis la mort de son fondateur Mohamed Yusuf en 2009, l’organisation est dirigée par Abubakar Shekau.

On ne connaît pas le nombre précis de combattants dont dispose le mouvement. Le mouvement serait dirigé par un Conseil de la Choura d’une trentaine de membres. Selon un rapport du département de la sécurité intérieure des États-Unis, cette structure est propice à la division et ne fournit pas de garantie lorsque quelqu’un prétend parler au nom du groupe. Selon les déclarations en juin 2016 du général Thomas Waldhauser, chef des forces américaines en Afrique, la moitié des membres de Boko Haram auraient fait scission et n’obéiraient plus à Abubakar Shekau. Shekau répond le 3 août dans un communiqué audio dans lequel il refuse sa destitution. Selon Romain Caillet, l’État islamique en Afrique de l’Ouest s’est divisé en deux tendances :  Une tendance qui se rallie derrière Abubakar Shekau, qui est la plus dure et une tendance qui va paradoxalement être un peu moins radicale, un peu moins extrémiste et qui est justement cette tendance qui s’est ralliée à l’Etat islamique. Le mouvement recrute souvent de force, notamment en menant des raids contre des villages pour rafler des habitants.

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