Essai sur l’individualisme PDF

Sur essai sur l’individualisme PDF thèmes proches, lire deux autres de mes articles repris en partie de celui-ci, La rupture migratoire et Identité, rupture et dynamisme, ainsi qu’un article beaucoup plus récent, L’affolement identitaire. Ce texte a servi de base à une conférence donnée le 11 décembre 1998 dans le cadre des Amphis de l’A.


 » Le socialisme est l’individualisme intégral.  » Telle est la thèse défendue dans cet ouvrage publié en 1901. Elle n’est pas, à l’aube du XXe siècle, si iconoclaste. Jaurès n’affirmait-il pas, lui-aussi, que le socialisme n’est rien d’autre que  » l’individualisme logique et complet  » ? Or Eugène Fournière (1857-1914), socialiste jauressien et collectiviste convaincu, semble franchir un pas supplémentaire. Ne soutient-il pas que  » le socialisme est un libéralisme d’extrême gauche  » ? Cet ouvrage marquant vient nous replonger dans cette Belle Époque où il n’était pas incongru de célébrer les noces de l’individualisme et de la République sociale. Il permet de mieux découvrir toute la force de l’individualisme défendu alors dans le camp socialiste et républicain, que l’on aurait tort de rabattre sur  » l’individualisme réellement existant  » de nos sociétés contemporaines ou d’identifier à la vulgate néo-libérale qui domine aujourd’hui.
Ce travail de redéfinition et cet éloge original de l’individualisme proposés par Fournière sont aussi à lire comme une critique conjointe du matérialisme historique et du libéralisme économique. Ils ouvrent à un révisionnisme à la française auquel l’auteur a apporté une part essentielle, aujourd’hui oubliée. Et si le  » socialisme intégral  » peut et doit s’identifier à  » l’individualisme intégral « , il ne saurait s’accomplir autrement que par la libre association des individus. À travers l’œuvre et le parcours militant de Fournière, l’occasion est ainsi offerte de renouer avec la richesse d’une pensée singulière et radicale. Et de réinterroger le socialisme à son âge d’or, au moment où après ses multiples défaites, il vient redéfinir l’idéal républicain et démocratique et donner à l’individualisme une signification et une portée politiques que nous avons aujourd’hui perdues.

L’identité se construit On peut avoir l’impression que l’identité personnelle est « donnée », qu’on « naît avec ». On ne choisit en effet ni son sexe, ni sa famille. Sexe et liens familiaux constituent ensemble l’état civil, c’est-à-dire l’ossature universelle de l’identité imposée. Toutefois, même si cette identité « objective » est largement assignée au sujet, déterminée biologiquement et socialement dans ses traits essentiels, elle doit faire l’objet d’une appropriation subjective, longue et aléatoire, qui ne se consolide guère avant la fin de l’adolescence. L’identité « objective » ne prend sens et forme pour le sujet qu’à travers l’élaboration d’un sentiment identitaire de nature psychologique.

Certaines étapes de la vie induisent invariablement des évolutions identitaires, plus ou moins fortes, plus ou moins difficiles, positives ou négatives. La suite de cette réflexion ne portera que sur la dimension sociale du sentiment identitaire. Identité et appartenance Traditionnellement, la dimension sociale de notre identité est assurée par un sentiment d’appartenance à des groupes sociaux plus ou moins larges, dans lesquels notre généalogie nous a objectivement inscrit. Dans les formations sociales les plus archaïques, cette appartenance est fortement inculquée, souvent de façon très violente.

Les rites d’initiation, qui symbolisent cette inscription sociale de l’individu, passent fréquemment par l’imposition d’épreuves sévères. Dans des sociétés plus complexes, cette contrainte sociale prend des formes moins violentes et moins ritualistes. La contrainte n’en demeure pas moins présente, inscrite dans les réalités objectives de la biologie et de la généalogie. La rupture migratoire L’émigration, comme tout changement important de la position sociale objective du sujet, met inéluctablement en cause les sentiments sociaux d’appartenance, et partant de là le sentiment d’identité. Les autres grandes composantes de l’identité personnelle subissent très souvent le contrecoup du changement de l’environnement social du sujet.

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