Figures de femmes criminelles de l’Antiquité à nos jours PDF

Dessin représentant Hélène Jégado vers 1851. figures de femmes criminelles de l’Antiquité à nos jours PDF février 1852 à Rennes, est une empoisonneuse française.


Alors que la part des femmes dans la délinquance est restée moindre que celle des hommes et que le droit traite, en principe, les deux sexes à égalité, pourquoi le récit de leurs crimes les transforme-t-il si facilement en monstres? Pour répondre à cette question, paradoxale, cet ouvrage croise les analyses d’historiens, juristes, criminologues, historiens de l’art et plasticiens. Ces chercheurs mobilisent des sources abondantes et multiples, fragments bibliques, vases antiques, miniatures médiévales, chroniques judiciaires, dessins de presse, grands procès reconstruits par la télévision… qui nous donnent à voir la complexité des représentations des femmes criminelles, construites et sédimentées depuis trois millénaires. Des figures de femmes criminelles contemporaines – Jeanne Weber, l’ogresse de la Goutte d’or, Violette Nozière, l’empoisonneuse, les soeurs Papin – aux figures archétypales  » intemporelles  » – Eve, Pandora, la sorcière, la prostituée, la femme adultère, qui ne sont pas coupables de crimes mais pensées comme coupables du désordre de l’humanité -, on retrouve les mêmes stéréotypes dépréciatifs des femmes dans l’imaginaire occidental. Cette image peut connaître des nuances, des changements concernant les infractions féminines sont intervenus dans le champ juridique, mais sur le long terme la société n’accepte guère que la femme soit criminelle. Si la femme est réellement criminelle, elle donne une image repoussante, celle du monstre, ou au contraire aguichante, celle de la tentatrice dont les prostituées sont les filles. Cela revient, dans les deux cas, à renier le crime au féminin. Est-ce la raison pour laquelle, aujourd’hui encore, les historiens n’arrivent pas à expliquer le phénomène, sauf à dire que les femmes sont portées à la paix et les hommes à la violence?

En 1810, elle est envoyée chez une tante qui travaille comme domestique dans un presbytère de Bubry, et devient elle-même domestique. Port-Louis, où elle se prostitue, des maîtresses de maison, des prêtres, des religieuses, jusqu’à des enfants. Sa série de crimes s’arrête à Rennes. Parmi ses victimes Albert Rabot, mort le 30 décembre 1849 à 7 ans.

Charlotte Brierre de Montvault vivaient alors quai Saint-Georges à Rennes avec les beaux-parents de l’époux. Ils employaient Hélène Jégado comme cuisinière. Celle-ci tenta également d’empoisonner la mère d’Albert et sa grand-mère maternelle. Croquis d’Hélène Jégado réalisé pendant son procès en 1851. L’exécution d’Hélène Jégado sur le Champ de Mars à Rennes met fin à une carrière criminelle de dix-huit ans, facilitée par le fait qu’à cette époque la région est touchée par des épidémies de choléra dont les symptômes se rapprochent de ceux de l’empoisonnement à l’arsenic.

Aussi son procès écartera-t-il 21 empoisonnements et 5 tentatives d’empoisonnement. Son acte d’accusation concerne cinq empoisonnements et cinq tentatives d’empoisonnement, ainsi que onze vols domestiques. Femme pieuse, Hélène se confesse à l’abbé Tiercelin et avoue ses meurtres en prison, la veille de son exécution. Ses restes sont ensuite déposés dans la fosse commune du Cimetière du Nord. La culpabilité d’Hélène Jégado n’a jamais été mise en cause. La Jégado  fait l’objet de nombreuses estampes, complaintes, biographies plus ou moins romancées.

En 2006, Pierre Mathiote réalise pour France 3 La Jégado, un docu-fiction avec Taïra Borée dans le rôle-titre. La recette a été signalée sous le nom de Gâteau breton d’Hélène Jégado par Simone Morand dans son livre Gastronomie bretonne d’hier et d’aujourd’hui en 1965. En 2013, Jean Teulé publie Fleur de tonnerre, biographie romancée d’Hélène Jégado. Le film Fleur de tonnerre , sorti en 2016, en est une adaptation. En 2015, le groupe de rock-celtique Kalffa écrit La Jégado, une chanson consacrée à Hélène Jégado.

En 2016, le groupe de thrash metal Hexecutor se sert de l’empoisonneuse bretonne pour composer une chanson, intitulée  Hélène Jégado . Anonyme, Crimes commis par Hélène Jégado, domestique, Agen, J. Anonyme, Exécution d’Hélène Jégado, Nantes, impr. Anonyme, L’empoisonneuse Hélène Jégado accusée d’avoir attenté à la voie de 57 personnes dont 25 ont succombé, Joinville, A. Anonyme, L’empoisonneuse Hélène Jégado, Meaux, Impr. Fouquier A, série Causes célèbres de tous les peuples, 32 pages, 1865.

L’empoisonneuse bretonne, Paris, Albin Michel, 1937, 252 pages. Hélène Jégado , Revue internationale de criminologie et de police technique vol. Le Saout Georges, Hélène Jégado, portrait d’une empoisonneuse, discours de rentrée à l’audience solennelle de la Cour d’appel de Rennes, 16 septembre 1968, Rennes, Les Nouvelles, 1968, 37 pages. 2017 : Fleur de tonnerre par Stéphanie Pillonca-Kervern, incarnée par Déborah François. Le cas d’Hélène Jégado  le 24 janvier 1967 dans En votre âme et conscience sur RTF Télévision. Dans lequel Hélène Jégado est incarnée par Maria Meriko. Les gourmands mémorables, Éditions Prisma, 2015, p.

This entry was posted in Sciences humaines. Bookmark the permalink.