Françoise Dolto: Itinéraire d’une psychanalyse PDF

Antoine-Denis Chaudet, Œdipe enfant rappelé à la vie par le berger Phorbas qui l’a détaché de l’arbre, 1801. Ainsi, selon Freud, le fait qu’un garçon, de façon inconsciente, soit amoureux de sa mère et désire tuer son père, répond à l’impératif du complexe d’Françoise Dolto: Itinéraire d’une psychanalyse PDF. Freud fait du complexe d’Œdipe le pivot de sa théorie pulsionnelle et méta-psychologique, devenant ainsi le concept-clé de la psychanalyse et de ses courants dérivés. Le concept de complexe d’Œdipe a motivé nombre de critiques de différentes natures, internes à la psychanalyse comme issues d’autres disciplines.


Psychanalyste d’enfants aussi célèbre que controversée, Françoise Dolto fut une clinicienne de génie.
Si elle n’a pas fait école, elle a profondément modifié l’image et la connaissance que l’on avait de l’enfant. La langue des enfants ne s’écrit pas, celle de Dolto non plus. C’est sa parole qu’elle veut faire entendre quand elle apprend aux adultes comment écouter le désir de l’enfant. Bien que reconnue et souvent admirée par ses pairs, elle resta isolée au sein du monde analytique. Souvent proche de Lacan, elle se situa parfois aux antipodes de celui-ci.
Pour approcher la singularité de Françoise Dolto, Jean-François de Sauverzac parcourt et interroge une vie, une pratique et une théorie étroitement mêlées: il évoque la jeunesse de Françoise Marette, les événements qui décidèrent de sa vocation, et questionne les figures de la psychanalyse – Laforgue, Morgenstern, Pichon – dont elle suivit l’enseignement. Il met en relief les principales articulations de sa théorie, en relation avec nombre de ses cas cliniques, sur lesquels elle lui a apporté des éclaircissements; il rend compte aussi du personnage médiatique qu’elle fut.

Ces critiques se concentrent essentiellement en deux points : d’une part la remise en cause de l’universalité du complexe, et d’autre part la contestation de son existence même. Gustave Moreau, Œdipe et le sphinx, 1864. Sophocle dans la tragédie Œdipe roi principalement. Le rêve est enraciné dans les désirs infantiles.

Dès ce texte, il se réfère explicitement à la tragédie grecque. Dans la mythologie grecque, Œdipe est le fils de Laïos et de Jocaste, souverains de la ville de Thèbes. Un oracle prédit à Laïos que son fils le tuera et épousera sa mère. Effrayé, Laïos décide d’abandonner Œdipe dans la montagne. En 1905 Freud publie Trois Essais sur la théorie de la sexualité, ouvrage fondateur de la psychanalyse. Freud définit tout d’abord la libido comme l’énergie sexuelle aux fondements de la dynamique psychique qui tend à se projeter sur un objet extérieur.

Il pose donc que la réalité de la sexualité infantile est induite par la mère, et que la tétée est le premier rapport sexuel. Freud continue de développer sa théorie en expliquant que la libido donne naissance à des perversions sexuelles diverses lorsque le schéma originel œdipien subit des altérations. En 1909, un autre cas d’analyse, célèbre dans la littérature psychanalytique, permet à Freud de valider sa conception du complexe. Le cas dit du  petit Hans  — de son vrai nom Herbert Graf — suit en effet fidèlement le schéma dramatique œdipien. La notion est l’invention de deux autres psychanalystes officiant à Zurich, Carl Gustav Jung et Franz Riklin. Freud l’utilise ainsi pour décrire ce qui est pour lui le principal complexe psychique humain, celui qui est constitué dans les premiers temps de vie, en fonction de ses parents : le  complexe nucléaire .

En 1920, il ajoutera une note dans les Trois Essais sur la théorie de la sexualité : On dit à juste titre que le complexe d’Œdipe est le complexe nucléaire des névroses et constitue l’élément essentiel de leur contenu. En lui culmine la sexualité infantile, laquelle influence de façon décisive la sexualité de l’adulte par ses effets ultérieurs. Freud et celui-ci s’attache à en étudier l’universalité, dans l’ouvrage Totem et Tabou. Le complexe serait donc transmis de génération en génération et avec lui le sentiment de culpabilité associé. Nombre de psychanalystes commencent à mener des études, dans la continuité de celles de Freud, dont Otto Rank. Par la suite deux ouvrages de Freud vont développer sa pensée, et ce définitivement.

L’intérêt croissant porté au complexe d’Œdipe motive Freud à faire le point sur sa découverte. Il fixe sa théorie dans les Conférences d’introduction à la psychanalyse, en 1917 et 1918. Freud classe alors le complexe au sein des  schémas phylogénétiques  qui ont pour rôle de structurer la psyché inconsciente et ce depuis l’aube de l’humanité. Par ailleurs, l’introduction de la nouvelle dualité pulsionnelle et d’une seconde topique va permettre une nouvelle approche de l’Œdipe. Selon lui l’intensité de ces compulsions, qui culmine dans les névroses obsessionnelles, est à l’origine de la notion de  destin  dans les drames, dont la tragédie de Sophocle. En effet, lors de la maturité du complexe, plusieurs scénarios sont possibles : affects féminins pour le père chez le garçon ou désir féminin pour la mère chez la fille, et vice-versa. Dans le même texte, Freud précise que lors de la destruction du complexe d’Œdipe, l’enfant, garçon et fille, est obligé de renoncer à prendre respectivement la mère et le père pour objet libidinal.

Deux éventualités peuvent alors se produire : pour le garçon ou une identification avec la mère, ou un renforcement de l’identification avec le père. L’enfant est en effet inconsciemment bisexuel, son orientation sexuelle se précisant par la suite. Ces identifications variées expliquent la diversité des étiologies et des personnalités. L’essai de 1923,  Le problème économique du masochisme , pose que le Surmoi, instance psychique proclamant les interdits, est né de l’introjection des premiers objets libidinaux du Ça dans le Moi. La relation en est de fait désexualisée mais le Surmoi conserve les caractères parentaux. La même année, dans l’essai  L’Organisation génitale infantile  Freud tente d’expliciter les zones d’ombre de l’Œdipe féminin. Il stipule que seul le pénis a une réalité psychique, y compris chez la fille.

En 1924, un autre essai fait une place majeure au complexe :  La disparition du complexe d’Œdipe . Freud délivre l’interprétation psychanalytique des structures inconscientes sous-tendant l’humanité et ses fantasmes. Il décrypte les symboles sexuels universels trouvés dans les rêves. Dès lors Freud complète son modèle théorique en précisant la figure du père primitif. Le garçon nourrit envers lui des désirs de mort car il a peur d’être châtié et castré par celui-ci.

La castration prend ainsi place dans la théorie générale du complexe, comme peur infantile de se voir déposséder de la puissance sexuelle par la figure paternelle. Le meurtre du Père primitif est ainsi le fantasme universel de l’humanité de tuer la figure paternelle castratrice, seule étape permettant un développement psychique normal par la suite. Ce qu’entendait Freud par  complexe d’Œdipe  est simple : le petit garçon, à cause de l’éveil de ses pulsions sexuelles à un âge précoce, disons quatre ou cinq ans, développe un désir et un attachement sexuels intenses vis-à-vis de sa mère. Il la veut pour lui seul, et le père devient son rival. Il développe une hostilité à l’égard de son père, veut le remplacer et, en fin de compte, se débarrasser de lui. Le désir envers la mère trouve en effet son origine dès les premiers jours de la vie et conditionne toute sa psychogenèse. La notion de  phase  ou de  stade  n’est pas à prendre au sens littéral.

This entry was posted in Sports et passions. Bookmark the permalink.