Fusains et eaux-fortes. PDF

Son art explore les aspects de la pensée, la part sombre et ésotérique fusains et eaux-fortes. PDF l’âme humaine, empreinte des mécanismes du rêve. Son père épouse une créole d’origine française, aux États-Unis. Ils reviennent en France cinq ou six ans plus tard.


Ce voyage aura une influence sur le peintre : le goût de rêve fécond, le besoin d’évasion, le motif récurrent de la barque dans son œuvre, s’inscrivent dans cette perspective. Redon est dès le départ un artiste spirituellement apatride. De nature fragile, il est confié à une nourrice puis à son oncle, à la campagne. Il s’en va à travers champs, vignes et bois, observe, considère les ombres, apprécie le contraste de la terre avec l’azur du ciel et de la lumière. Paris pour quelques mois, il découvre les musées.

Il reste devant les toiles, silencieux et sous le charme. Les tableaux figurant des drames frappent l’esprit de l’enfant. Il décide d’être artiste, sa famille y consent, il continue ses études et prend des leçons de dessin et d’aquarelle avec son premier maître, Stanislas Gorin, élève d’Eugène Isabey. Sous l’influence de son père, il tente des études d’architecture, mais contrairement à son frère cadet, Gaston, devenu architecte et Prix de Rome, il échoue à l’examen.

Bordeaux, très lié avec Rodolphe Bresdin qui lui apprend la gravure, il commence sous la direction de cet artiste — dont l’art onirique est libre de tout formalisme —, une série de onze eaux-fortes : Le Gué, tirées en 1866, dans une inspiration orientaliste et romantique venue de Delacroix qu’il connaît de vue. Redon participe comme simple soldat aux combats sur la Loire pendant la guerre de 1870. En 1884, Joris-Karl Huysmans publie À rebours, avec un passage consacré à Odilon Redon. Il y a une forte scission entre le début de son œuvre et la fin. Pendant la première moitié de sa vie, il est le peintre du noir, et ne cesse d’utiliser cette teinte. Son passage à la couleur correspond à la naissance de son premier fils. Après n’avoir jamais utilisé la couleur, il va à la fois en faire un usage très complexe, mais aussi créer des tableaux les plus colorés qui soient.

L’artiste qualifiera ce passage à une peinture entièrement colorée de  déclic . Les années 1890 et le début du siècle sont une période de transformation, de mutation, il abandonne ses  noirs  et commence à utiliser le pastel et l’huile, et la couleur domine les œuvres du reste de sa vie. Il réalise Ève, son premier nu féminin d’après modèle. Redon travaille avec Mallarmé et expose à la galerie Durand-Ruel en 1900. En 1901, il participe au salon de la Libre Esthétique à Bruxelles et au salon de la Société nationale des beaux-arts à Paris. André Mellerio, en 1913, publie un catalogue de ses eaux-fortes et lithographies.

Dans À soi-même, une intéressante autobiographie publiée de son vivant, il évoque ses rapports avec le milieu artistique et les ambitions artistiques et spirituelles de son époque. Ari, mobilisé, n’a pu arriver à temps du front. Une huile sur toile, La Vierge, reste inachevée sur son chevalet. Redon avait été formé très tôt à la musique, grâce à son frère Ernest. Ses maîtres les plus chers furent Mozart, Beethoven et surtout Schumann, qui avait été le dieu de sa jeunesse, écrit Roseline Bacou.

New York, Museum of Modern Art. Conversation mystique, huile sur toile, Tokyo, musée d’art Bridgestone. Offrande, huile sur carton, Tokyo, musée d’art Bridgestone. New York, Metropolitan Museum of Art.

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