Histoire de la littérature russe, tome 6, volume 3. Le XXe siècle, gels et dégels PDF

Le jeune gouvernement bolchevik, et plus particulièrement Anatoli Lounatcharski, alors commissaire du peuple à l’Instruction, éprouve quelques difficultés à se rallier la frange plus classique des intellectuels russes, ce qui le conduit à s’intéresser à ce groupe de jeunes gens déterminés et enthousiastes. Pour l’écrivain Alexandre Bogdanov, la question est tranchée : la tâche urgente du prolétariat est d’édifier cette nouvelle culture pour occuper les champs artistique et culturel. Lénine voit histoire de la littérature russe, tome 6, volume 3. Le XXe siècle, gels et dégels PDF cela d’un très mauvais œil.


Dans ce troisième tome consacré au XXe siècle, on passe du désordre créateur des années vingt à l’ordre terriblement réducteur des années trente, marqué par le terme à la fois ingénu et menaçant de « réalisme socialiste ». Un catéchisme idéologique s’impose et cache un effroyable souterrain de terreur et une industrie de la mort qui a nom « goulag ». De grands créateurs oeuvrent dans l’isolement total (Pasternak ou Boulgakov), cependant que d’autres prennent le chemin des officines de torture (Mandelstam), d’autres encore capitulent (Léonov) ou prennent la tête du mouvement d’acquiescement (Gorki). La guerre apporte sa bourrasque de souffrance et de liberté intérieure recouvrée, mais le plomb retombe dans les cerveaux d’abord en 1946, avec le jdanovisme, puis en 1948, avec la campagne anticosmopolite. « Gels » et « dégels » se succèdent, mais aujourd’hui la littérature témoin de l’inhumain est publiée: Chalamov, Grossman et SoIjénitsyne dialoguent dans la conscience des lecteurs. Les retrouvailles avec la diaspora qui avait emporté un morceau de Russie à ses semelles sont consommées. Et cette diaspora rejoint les destins tragiques de grands poètes comme Akhmatova, poète saphique passé d’une poésie intimiste miniaturisée à la grandeur épique d’un Requiem pour les générations muettes de douleur. Dominant tout le siècle, pas seulement le russe, la lucidité poétique et prophétique du poète Ossip Mandelstam, mort au goulag, fournit une réponse de l’homme au sphinx de la terreur.Ce tome montre les filets de créativité qui n’ont jamais cessé de couler, comme il montre la grande glaciation politique et culturelle de l’utopie réalisée: celle d’Andreï Platonov, aux résonances religieuses puissamment ambiguës, celle, dérisoire, du satiriste Alexandre Zinoviev, ou celle, classique et postmoderne, du poète joseph Brodsky qui interroge les tyrans de toujours.Plus que précédemment l’ouvrage est collectif, il s’est enrichi de collaborations de Soviétiques naguère encore interdits de publication à l’étranger. Terme chronologique de l’entreprise (qui va se poursuivre en présentant bientôt la littérature russe des origines à la fin du XIXe siècle), ce tome ne prétend pas conclure, mais il offre deux voix en guise de finale, deux voix libres venues de l’Est pour dire ce qu’il advient d’un organisme puissant et paralysé lorsqu’il dégèle et qu’il souffre d’un violent retour à la vie…

D’une part, il veut subordonner le Proletkoult à l’État, plus précisément au commissariat du peuple à l’Instruction. En 1921, les poètes ouvriers du  Proletkoult  décident, après bien des secousses, de créer la VAPP et de la doter d’une publication, la Forge. Les affaires se gâtent assez vite : en 1922 la Pravda attaque la Forge, lui reprochant tous azimuts son apolitisme et son élitisme intellectuel. Bernard Lafite note que vers 1929-1930, la littérature se trouve inféodée non plus à l’idéologie mais à la réalité même. En effet, le XIVe congrès du PCR estime que le moment est à présent venu d’accélérer l’industrialisation du pays. Tout commence par une attaque en règle dans un article de 1929 contre les assauts d’écrivains réactionnaires sur le  front de la littérature . Les écrivains prolétariens qui avaient formé un noyau autour duquel gravitaient des compagnons de route moins radicaux étaient particulièrement visés.

L’article évoque la menace d’une constitution d’une littérature néo-bourgeoise. Le champ littéraire se voit donc imposer des responsabilités. Certains auteurs suivent donc cette voie qui prône une primauté de la fonction au point qu’un nouveau genre apparaît, otcherki, s’apparentant au récit journalistique puisque la fiction en est généralement absente. Mikhaïl Cholokhov, qui met en scène des personnages stéréotypés, aux positions idéologiques fermes. Nelson Cary et Lawrence Grossberg, Marxism and the Interpretation of Culture, University of Illinois Press, 1988. Michel Aucouturier, Le Réalisme socialiste, Paris, PUF,  Que sais-je , 1998.

Nelson Cary et Lawrence Grossberg, op. Victor Serge, La Tragédie des écrivains soviétiques, 1947. Efim Etkind, Histoire de la littérature russe, tome 6, p. Histoire de la littérature russe, t. Tamara Motylova,  Autour de la RAPP, souvenirs et réflexions , Europe  La littérature prolétarienne en question , nos 575-576, mars-avril 1977, pp.

Bernard Lafite,  Discours politique et texte littéraire. Le roman de la collectivisation , Europe  La littérature prolétarienne en question , nos 575-576, mars-avril 1977, pp. Rechercher les pages comportant ce texte. La dernière modification de cette page a été faite le 22 octobre 2018 à 10:52. Le jeune gouvernement bolchevik, et plus particulièrement Anatoli Lounatcharski, alors commissaire du peuple à l’Instruction, éprouve quelques difficultés à se rallier la frange plus classique des intellectuels russes, ce qui le conduit à s’intéresser à ce groupe de jeunes gens déterminés et enthousiastes. Pour l’écrivain Alexandre Bogdanov, la question est tranchée : la tâche urgente du prolétariat est d’édifier cette nouvelle culture pour occuper les champs artistique et culturel.

Lénine voit tout cela d’un très mauvais œil. D’une part, il veut subordonner le Proletkoult à l’État, plus précisément au commissariat du peuple à l’Instruction. En 1921, les poètes ouvriers du  Proletkoult  décident, après bien des secousses, de créer la VAPP et de la doter d’une publication, la Forge. Les affaires se gâtent assez vite : en 1922 la Pravda attaque la Forge, lui reprochant tous azimuts son apolitisme et son élitisme intellectuel. Bernard Lafite note que vers 1929-1930, la littérature se trouve inféodée non plus à l’idéologie mais à la réalité même.

En effet, le XIVe congrès du PCR estime que le moment est à présent venu d’accélérer l’industrialisation du pays. Tout commence par une attaque en règle dans un article de 1929 contre les assauts d’écrivains réactionnaires sur le  front de la littérature . Les écrivains prolétariens qui avaient formé un noyau autour duquel gravitaient des compagnons de route moins radicaux étaient particulièrement visés. L’article évoque la menace d’une constitution d’une littérature néo-bourgeoise.

Le champ littéraire se voit donc imposer des responsabilités. Certains auteurs suivent donc cette voie qui prône une primauté de la fonction au point qu’un nouveau genre apparaît, otcherki, s’apparentant au récit journalistique puisque la fiction en est généralement absente. Mikhaïl Cholokhov, qui met en scène des personnages stéréotypés, aux positions idéologiques fermes. Nelson Cary et Lawrence Grossberg, Marxism and the Interpretation of Culture, University of Illinois Press, 1988.

Michel Aucouturier, Le Réalisme socialiste, Paris, PUF,  Que sais-je , 1998. Nelson Cary et Lawrence Grossberg, op. Victor Serge, La Tragédie des écrivains soviétiques, 1947. Efim Etkind, Histoire de la littérature russe, tome 6, p. Histoire de la littérature russe, t.

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