Jalons pour un dictionnaire des oeuvres littéraires de langue française des pays du Maghreb PDF

Kateb Yacine signant un autographe, 1956. Kateb se trouve en classe de troisième quand éclatent les manifestations du 8 mai 1945 auxquelles il participe et qui s’achèvent sur le massacre de milliers d’Algériens par la police et l’armée française. Trois jours jalons pour un dictionnaire des oeuvres littéraires de langue française des pays du Maghreb PDF tard, il est arrêté et détenu durant deux mois.


Dernier volume d’une trilogie initiée avec la parution en deux tomes du Dictionnaire des oeuvres littéraires de langue française en Afrique au Sud du Sahara (1983 et 1996), cet ouvrage offre un nouvel éclairage sur cette littérature maghrébine dont la critique est loin d’avoir cerné les contours. L’on est convié ici à l’exploration des subtilités et des méandres d’une écriture polyphonique, qui du Maroc à l’Algérie et à la Tunisie, a souvent transposé le social et le politique dans l’espace de création, amalgamant l’exigence de liberté avec le devoir de violence et le rêve-horizon d’un mieux-être.

Exclu du lycée, traversant une période d’abattement, plongé dans Baudelaire et Lautréamont, son père l’envoie au lycée de Bône. 1946 son premier recueil de poèmes. Après la mort de son père, survenue en 1950, Kateb devient docker à Alger, en 1952. En 1962, après un séjour au Caire, Kateb est de retour en Algérie peu après les fêtes de l’Indépendance. La même année, s’établissant plus durablement en Algérie et se refusant à écrire en français, Kateb commence,  grand tournant , à travailler à l’élaboration d’un théâtre populaire, épique et satirique, joué en arabe dialectal. Kouba en 1971, prise en charge par le ministère du Travail et des Affaires sociales, Kateb parcourt avec elle pendant cinq ans toute l’Algérie devant un public d’ouvriers, de paysans et d’étudiants. Mur d’une rue d’Alger, affiche de M’hamed Issiakhem pour un spectacle de Kateb Yacine, 1978.

Kateb avait définitivement opté pour un théâtre d’expression populaire. Dès le départ, la langue utilisée dans ses pièces était l’arabe maghrébin, langue vernaculaire s’il en est, à fort substrat amazigh. En 1986, Kateb livre un extrait d’une pièce sur Nelson Mandela, et reçoit en 1987 en France le Grand prix national des Lettres. Instruit dans la langue du colonisateur, Kateb considérait la langue française comme le  butin de guerre  des Algériens. La francophonie est une machine politique néo-coloniale, qui ne fait que perpétuer notre aliénation, mais l’usage de la langue française ne signifie pas qu’on soit l’agent d’une puissance étrangère, et j’écris en français pour dire aux Français que je ne suis pas français , déclarait-il en 1966. Yacine meurt le 28 octobre 1989 à Grenoble, à l’âge de 60 ans d’une leucémie, le même jour que son cousin Mustapha Kateb.

Il est enterré au cimetière El Alia, à Alger. Il est le père de Nadia Akkache, Hans Jordan et Amazigh Kateb, leader et chanteur du groupe Gnawa Diffusion. Il est également l’oncle du plasticien Yazid Oulab et le grand-oncle de l’acteur français Reda Kateb. Soliloques, poèmes, Bône, Ancienne imprimerie Thomas, 1946. Abdelkader et l’indépendance algérienne, Alger, En Nahda, 1948, 47 p. Nedjma, roman, Paris, Éditions du Seuil, 1956, 256 p.

Le Cercle des représailles, théâtre, Paris, Éditions du Seuil, 1959, 169p . Le Polygone étoilé, roman, Paris, Éditions du Seuil, 1966, 182 p. Les Ancêtres redoublent de férocité, , Paris, collection TNP, 1967. L’Homme aux sandales de caoutchouc , théâtre, Paris, Éditions du Seuil, 1970, 288 p. Le Poète comme un boxeur, entretiens 1958-1989, Paris, Éditions du Seuil, 1994.

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