L’Avant-Scène Opéra, N° 264 : Hippolyte et Aricie PDF

Cette page est en semi-protection longue. Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Phèdre l’Avant-Scène Opéra, N° 264 : Hippolyte et Aricie PDF la dernière tragédie profane de Racine.


L’OEUVRE

Points de repère
Chantal Cazaux : Argument
Pascal Denécheau : Introduction et Guide d’écoute
Simon-Joseph Pellegrin : Livret intégral, version 1733

REGARDS SUR L’OEUVRE

Sylvie Bouissou : Le choc esthétique
Simon-Joseph Pellegrin : Préface de 1733
Boris Donné : Phèdre éclipsée : Pellegrin librettiste
Catherine Kintzler : Comment la raison vient à l’opéra
Benjamin Pintiaux : Pellegrin, patriarche de l’Opéra
Raphaëlle Legrand : Pierre de Jéliote et Claude de Chassé
Claude Debussy : Écoutons le coeur de Rameau
Ivan Alexandre : Entretien

ECOUTER, VOIR ET LIRE

Olivier Rouvière : Discographie
Elisabetta Soldini : L’oeuvre à l’affiche
Elisabetta Soldini : Bibliographie

Sélection CD, DVD et Livres
par Louis Bilodeau, Jean-Michel Brèque, Jean Cabourg, Alfred Caron, Chantal Cazaux, Gérard Condé, Pierre Flinois, Jean-Charles Hoffelé, Christian Merlin, Didier van Moere, Denis Morrier et Olivier Rouvière

Festivals 2011
Aix-en-Provence, Salzbourg, Glyndebourne et Bayreuth
par Chantal Cazaux, Pierre Flinois et Didier van Moere

Elle suit Iphigénie, écrite en été 1674. Phèdre après l’avoir traité dans Hippolyte voilé, aujourd’hui perdu. Le récit de Théramène, dans toute son horreur, doit beaucoup à cette source sur laquelle Racine insiste moins. Les ravages de la passion comme maladie de l’âme, ont été également explorés par les Anciens. Racine, même s’il affecte de laisser à d’autres le soin d’en juger, laisse entendre dans sa préface qu’il voit en cette pièce  la meilleure de ses tragédies . De fait, Phèdre lui apparaît comme l’héroïne tragique parfaite, l’intrigue tout à fait vraisemblable et le sujet propre à élever la vertu des spectateurs par la condamnation des passions et des vices. Tout dans Phèdre a été célébré : la construction tragique, la profondeur des personnages, la richesse de la versification et l’interprétation du rôle-titre par la Champmeslé.

Certains vers sont devenus des classiques. On a tellement célébré la musicalité de l’alexandrin  la fille de Minos et de Pasiphaé  que certains s’en sont moqués. Racine ne fait pourtant jamais de la poésie pour la seule beauté des sons. La généalogie de Phèdre est pleine de sens : elle a hérité de sa mère l’intensité de ses désirs et craint après sa mort le jugement de son père, qui est juge aux Enfers. Très vite Phèdre s’est imposée comme l’une des pièces les plus réussies de Racine et les plus souvent représentées sur scène. En écrivant Phèdre, Racine s’inspire de la tragédie antique en illustrant les notions de mimèsis et de catharsis tout en répondant aux exigences de la tragédie classique, qui s’appuie sur des règles précises fixant le cadre dans lequel l’action est circonscrite et sur la nécessité d’obéir à la bienséance.

Pour ce faire, il est nécessaire de respecter la règle dite des  trois unités . Unité d’action : la pièce doit reposer sur une seule intrigue. Dans Phèdre, l’intrigue est essentiellement amoureuse et porte sur la passion interdite de la reine. Thésée et son retour inattendu, nourrissent la première. Hippolyte décide de se lancer à la recherche de son père et Phèdre de se donner la mort, jusqu’au soir où Hippolyte et Phèdre meurent.

Phèdre et de ses conséquences désastreuses. La tragédie classique se doit donc d’être un genre noble qui met en scène la vie de nobles devant des nobles. Elle se nourrit du Sublime, c’est-à-dire qu’elle a à voir avec la grandeur, l’exaltation, le pathétique ou le lyrisme, le dépassement des contingences humaines, les forces de la nature et la puissance des Dieux. L’auteur de tragédies veille à ne jamais heurter le bon goût et les sentiments élevés. Le héros racinien est d’abord l’héritier et le prisonnier tragique d’un sang familial. Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes. Quant à Phèdre, nous savons que son demi-frère, le Minotaure, a été tué par Thésée et sa sœur Ariane abandonnée par le même Thésée qui est devenu son époux.

Le héros racinien voit également son libre-arbitre considérablement restreint par la volonté des dieux. De séduire le cœur d’une faible mortelle. Ils punissent celui qui les néglige, tel Hippolyte qui longtemps préféra la chasse à l’amour, la déesse Artémis à Vénus. Malheur également aux hommes dont les ennemis trouvent l’oreille des dieux, car ils ont tout à craindre : Thésée ne pourra empêcher Neptune de faire périr Hippolyte. Ainsi, il apparaît que le héros tragique ne pourra échapper à son destin, car il est soumis à une force funeste dénommée fatalité. Thésée comprend que faire entrer les Dieux dans le jeu des hommes a des conséquences souvent néfastes :  Inexorables Dieux qui m’avez trop servi !

Les Dieux sont muets quand les hommes parlent, car les Dieux n’ont pas besoin de paroles pour agir. Les hommes, quant à eux, qu’ils parlent ou se taisent, ne peuvent rien contre la volonté divine et la fatalité. Notons que dans la pièce, la parole tue tout autant que le silence. Thésée ont été bafoués, annoncent l’issue fatale. Les amours qui naissent dans les familles mythologiques engendrent des monstres, parce que les membres en sont eux-mêmes souvent monstrueux.

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