L’« Histoire auguste »: Les païens et les chrétiens dans l’Antiquité tardive PDF

Même s’il y désigne toujours l’« Histoire auguste »: Les païens et les chrétiens dans l’Antiquité tardive PDF qui ne sont pas chrétiens, son acception y est cependant ambiguë. Le paganisme est ainsi, dans l’antiquité tardive, une attitude combattue par des chrétiens puis par les autorités, mais elle n’est revendiquée par personne.


Le monde changea-t-il du tout au tout au cours de la période de l’Antiquité tardive après la victoire du christianisme sous l’empereur Théodose (379-395)? Les païens ont-il assisté, passifs et résignés, à la mort lente des anciens dieux et de la vieille et brillante culture classique?
L’appréhension de cette période par la communauté scientifique des spécialistes et dans le monde plus large des lettrés et des hommes de culture subit depuis quelques années d’importantes révisions. Les formes que prit ainsi le combat des derniers païens contre le pouvoir chrétien
doivent être réévaluées.
Les relations entre les païens et les chrétiens dans l’Antiquité tardive ont baigné, en effet, dans un climat scandé par de multiples polémiques qui agitaient le monde des lettres mais aussi celui de l’art.
Au cœur de ces débats se dégagent notamment les hautes figures de saint Augustin et de son contemporain, Nicomaque Flavien senior, auteur de la mystérieuse Histoire Auguste.
Les vingt chapitres de l’ouvrage portent sur les relations paganochrétiennes aux IVe et Ve siècles un regard neuf qui insiste en particulier sur la tentative de réhabilitation des libertés perdues d’essence religieuse menée par l’aristocratie païenne de Rome au tournant de ces deux siècles cruciaux dans l’évolution du monde antique.

18 mois, quelques heures avant son dernier souffle, elle fut baptisée. L’épitaphe évoque ensuite la douleur des parents et l’inhumation par un prêtre dans un lieu où reposaient des martyrs. Marius Victorinus est le premier auteur chrétien à employer le terme paganus en son sens nouveau. Grecs  sont les anciens philosophes dont les œuvres sont à la base de toute éducation littéraire. Marius Victorinus identifie ainsi les païens aux hommes unanimement reconnus comme comptant parmi les plus savants de l’histoire. Isidore de Séville reprendra cette idée en proposant une étymologie fantaisiste du terme païen. Il affirme que paganus vient du grec pagos, comme dans Aréopage.

Le nom pagos aurait ainsi, selon Isidore, désigné les habitants d’Athènes. Orose considère tout simplement que les païens sont des paysans. L’origine du terme paganus est sujette à polémique. Pour certains, paganus signifiait  civil , pour d’autres,  paysan . Paganus fonctionne toujours en rapport d’opposition à l’idée d’association, de collectivité, de communauté, et c’est à travers cela qu’il faut chercher l’origine du sens médiéval de païen. D’ailleurs, le paganisme n’était pas spécifiquement rural et il est resté longtemps bien ancré dans les villes et fort répandu dans les élites intellectuelles.

Il y a tendance actuellement à confondre volontairement ou involontairement le  paganisme  ou religion des Gentils avec diverses tendances religieuses hétéroclites actuelles. Le paganisme réel, dont parlaient les pères de l’Église, désignait les grandes religions des Romains et des Grecs, pas très différentes de l’Hindouisme actuel. On peut néanmoins noter que la  religion des Gentils , se résumait à la vision qu’avaient les juifs et les premiers chrétiens des religions des  Autres . Ce qui recouvrait essentiellement à cette époque les religions grecque, romaine et égyptienne. On ne saurait donc limiter le monde à la perception qu’en avaient les juifs et les premiers chrétiens. Quant aux Gaulois et aux Celtes, leur société s’organisait autour de la caste des druides, présidant à la fois au sacré et au temporel, puisqu’en plus d’intercéder auprès des divinités, ils présidaient au règlement des contentieux entre individus.

La déchristianisation dans les pays occidentaux s’accompagne en effet de la renaissance ou de l’apparition de courants religieux ou philosophiques très divers et souvent désignés par le terme générique  néopaganisme . Ce courant a été reconnu comme une religion à part entière en 1973 en Islande, en 2003 au Danemark. Il peut aussi s’agir de  religions naturelles , c’est-à-dire basées sur le culte de la Nature, ou Cosmos, réalité englobante sacrée d’où proviennent les dieux et les hommes et au sein de laquelle dieux et hommes évoluent et se rencontrent dans un rapport différencié, mais en l’absence de toute transcendance ou de tout commencement absolu. Aujourd’hui, les néopaganismes sont surtout par exemple, des courants de pensée  New Age , tout comme des renaissances druidiques ou de cultes germaniques, indépendants et indifférents au judéo-christianisme.

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