La clinique lacanienne, N° 20 : Le suicide PDF

Boris Cyrulnik : stop ou encore ? Le journal Le Monde la clinique lacanienne, N° 20 : Le suicide PDF récemment invité Boris Cyrulnik à donner son avis d’expert sur le phénomène des CV mensongers. Le mythomane est désespéré, quelque chose de douloureux lui est arrivé.


Le suicide illustre le travail de la pulsion de mort toujours à l’oeuvre. L’autodestruction est pour Freud toujours active, il a été de plus en plus convaincu tout au long de son élaboration théorique de cette bipolarité originelle de l’existence. Qu’en est-il d’un véritable désir de mort du patient «suicidant» ? Le plus souvent, il clame son innocence dans un «Je ne voulais pas mourir», mais son acte interpelle vivement le désir du soignant comme celui de l’analyste. Cet acte est aussi loin d’être sans valeur. N’est-il pas prétexte à réinterroger le désir ? Ce numéro se propose d’examiner différentes formes de suicide selon l’éclairage clinique et l’abord théorique des auteurs. Le développement de la civilisation, disait Freud dans Le malaise dans la culture, nous montre «le combat entre Éros et mort, pulsion de vie et pulsion destructrice, tel qu’il se déroule au niveau de l’espèce humaine». Et «c’est pourquoi le développement de la culture doit être, sans plus de détours, qualifié de combat vital de l’espèce humaine».

On en trouvera témoignage dans la deuxième partie de cette revue, qui concerne les questions cruciales pour la psychanalyse, questions actuelles illustrant ce travail toujours actif de la pulsion de mort au sein de la culture. Des classifications médicales psychiatriques a-théoriques, abandonnant toute conception psychodynamique et désappropriant le sujet de lui-même, au rideau de fer tombant sur les psychanalystes dans certains pays, il est de notre éthique de lutter contre cette désaffection de l’humain dans l’oeuvre collective dans laquelle nous sommes tous plongés.

Il éprouve de la honte, il se sent jugé par l’autre et veut briller. Alors il se montre à son avantage pour réparer une blessure narcissique, soit en racontant à l’autre une histoire merveilleuse qu’il attend, soit en rédigeant un CV miraculeux De nombreux mythomanes ont fait des carrières extraordinaires sur un leurre Mais ceux qui sont leurrés sont complices. Si divers éléments ont contribué à cette carrière extraordinaire, deux me paraissent essentiels. Le second élément qui me paraît essentiel est son CV miraculeux de praticien-chercheur à la fois neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste, qui lui permet de jouer sur plusieurs tableaux. Les témoignages parallèles de journalistes ayant contribué à la construction de son aura médiatique, interrogés récemment à l’occasion de la promotion de son énième livre paru chez Odile Jacob, sont à cet égard significatifs : Il s’intéresse à tout. S’il s’avérait que le CV de Boris Cyrulnik soit trop miraculeux pour être vrai, il lui serait facile d’invoquer la complicité de la société.

Professeur à l’université de Toulon , neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste , Ancien interne des Hôpitaux, Neurologie Paris, psychiatrie Marseille. Direction d’une cinquantaine de Thèses , Prix Jean Bernard : recherche médicale , Ethologue confirmé , et j’en passe. Le site web des éditions Odile Jacob aurait intérêt à mettre en avant tous ces marqueurs de légitimité scientifique. Il y est cependant présenté très sobrement, comme neuropsychiatre et directeur d’enseignement à l’université de Toulon , c’est tout. Serait-ce qu’en dehors de ce diplôme et de ce poste au contour flou, ce qui est mentionné dans les diverses sources citées ci-dessus n’est pas pertinent ?

SOUS LES ETIQUETTES, DU BŒUF OU DU CHEVAL ? Il n’a pas été facile de démêler le vrai du faux, d’autant que Boris Cyrulnik a choisi de ne pas répondre à mes demandes d’entretien. Un certain nombre d’éléments clairs sont néanmoins ressortis de mon enquête. Il est étonnant que nombre de journalistes, y compris dans des médias importants tels que Le Monde, Le Nouvel Observateur, Le Point ou encore L’Express, se soient obstinés pendant plus de 10 ans à le qualifier de père ou théoricien de la résilience. En effet, il n’a inventé ni ce concept, ni son appellation. S’il avait publié des recherches scientifiques ayant marqué ce domaine, on pourrait expliquer en partie la méprise et comprendre que par exemple, Le Nouvel Observateur l’ait en 2002 prétendu connu pour ses travaux sur la résilience.

Ainsi, il a notamment suggéré qu’il avait été à la pointe de la prise en charge et de l’étude des enfants découverts dans les orphelinats roumains après la chute de Ceausescu en 1989. Il dit par exemple en 2001 : J’ai beaucoup travaillé avec les orphelins roumains de l’ère de Ceausescu, abandonnés très tôt dans des institutions inhumaines. Quand on parlait de ces enfants, on nous disait :  Ce sont des monstres. 1901 créée en février 2004 à l’initiative de Jacques Lecomte , ancien responsable de la rubrique Psychologie de Sciences Humaines ayant soutenu en 2002 à l’EPHE une thèse en psychologie positive. Concernant l’éthologie, dont le Petit Robert 2012 nous dit qu’elle est la science des comportement des espèces animales dans leur milieu naturel , notons tout d’abord que Boris Cyrulnik n’a aucun diplôme dans cette discipline. S’il ne semble pas avoir explicitement prétendu le contraire, il a cependant été suffisamment ambigu pour le laisser croire. Cela étant dit, il n’y a pas que les diplômes qui comptent : il ne serait pas aberrant de le présenter comme éthologue s’il avait occupé un poste de chercheur en éthologie et publié des recherches dans ce domaine, ne serait-ce que sur les goélands dont il a plusieurs fois été écrit qu’il était un spécialiste.

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