La Tentation de saint Antoine & Bouvard et Pécuchet: Editions annotées PDF

Croisset, lieu-la Tentation de saint Antoine & Bouvard et Pécuchet: Editions annotées PDF de la commune de Canteleu, le 8 mai 1880. Acte de naissance de Gustave Flaubert en 1821. Adolescent aux exaltations romantiques, il est déjà attiré par l’écriture au cours d’une scolarité vécue sans enthousiasme comme interne au Collège royal, puis au lycée de Rouen, à partir de l’année 1832. Il est renvoyé en décembre 1839, pour indiscipline, et passe seul le baccalauréat, en 1840.


Édition enrichie :
– Introduction et conclusion
-Biographie détaillée et bibliographie de l’auteur
-Contexte Historique
-Notes

Extrait La Tentation de saint Antoine :

C’est dans la Thébaïde, au haut d’une montagne, sur une plate-forme arrondie en demi-lune, et qu’enferment de grosses pierres.
La cabane de l’ermite occupe le fond. Elle est faite de boue et de roseaux, à toit plat, sans porte. On distingue dans l’intérieur une cruche avec un pain noir ; au milieu, sur une stèle de bois, un gros livre ; par terre çà et là des filaments de sparterie, deux ou trois nattes, une corbeille, un couteau.
À dix pas de la cabane, il y a une longue croix plantée dans le sol ; et à l’autre bout de la plate-forme, un vieux palmier tordu se penche sur l’abîme, car la montagne est taillée à pic, et le Nil semble faire un lac au bas de la falaise.
La vue est bornée à droite et à gauche par l’enceinte des roches. Mais du côté du désert, comme des plages qui se succéderaient, d’immenses ondulations parallèles d’un blond cendré s’étirent les unes derrière les autres, en montant toujours ; puis au delà des sables, tout au loin, la chaîne lybique forme un mur couleur de craie, estompé légèrement par des vapeurs violettes. En face, le soleil s’abaisse. Le ciel, dans le nord, est d’une teinte gris perle, tandis qu’au zénith des nuages de pourpre, disposés comme les flocons d’une crinière gigantesque, s’allongent sur la voûte bleue. Ces rais de flamme se rembrunissent, les parties d’azur prennent une pâleur nacrée ; les buissons, les cailloux, la terre, tout paraît dur comme du bronze ; et dans l’espace flotte une poudre d’or tellement menue qu’elle se confond avec la vibration de la lumière.
Saint Antoine qui a une longue barbe, de longs cheveux, et une tunique de peau de chèvre, est assis, jambes croisées, en train de faire des nattes. Dès que le soleil disparaît, il pousse un grand soupir, et regardant l’horizon : encore un jour ! Un jour de passé !

Extrait Bouvard et pécuchet :

Comme il faisait une chaleur de 33 degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert.
Plus bas, le canal Saint-Martin, fermé par les deux écluses, étalait en ligne droite son eau couleur d’encre. Il y avait au milieu un bateau plein de bois, et sur la berge deux rangs de barriques.
Au delà du canal, entre les maisons que séparent des chantiers, le grand ciel pur se découpait en plaques d’outremer, et sous la réverbération du soleil, les façades blanches, les toits d’ardoises, les quais de granit éblouissaient. Une rumeur confuse montait au loin dans l’atmosphère tiède ; et tout semblait engourdi par le désœuvrement du dimanche et la tristesse des jours d’été.
Deux hommes parurent.
L’un venait de la Bastille, l’autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue.
Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s’assirent, à la même minute, sur le même banc.
Pour s’essuyer le front, ils retirèrent leurs coiffures, que chacun posa près de soi ; et le petit homme aperçut, écrit dans le chapeau de son voisin : Bouvard ; pendant que celui-ci distinguait aisément dans la casquette du particulier en redingote le mot : Pécuchet.
— Tiens, dit-il, nous avons eu la même idée, celle d’inscrire notre nom dans nos couvre-chefs.
— Mon Dieu, oui, on pourrait prendre le mien à mon bureau !
— C’est comme moi, je suis employé.
Alors ils se considérèrent.
L’aspect aimable de Bouvard charma de suite Pécuchet.
Ses yeux bleuâtres, toujours entre-clos, souriaient dans son visage coloré. Un pantalon à grand-pont, qui godait par le bas sur des souliers de castor, moulait son ventre, faisait bouffer sa chemise à la ceinture ; et ses cheveux blonds, frisés d’eux-mêmes en boucles légères, lui donnaient quelque chose d’enfantin.
Il poussait du bout des

Flaubert relatera dans l’ouvrage de jeunesse publié de manière posthume sous le nom de Voyage dans les Pyrénées et en Corse ou dans certaines éditions des Mémoires d’un fou. Le premier événement notable dans sa jeunesse est sa rencontre à Trouville-sur-Mer, durant l’été 1836, d’Élisa Schlésinger qu’il aimera d’une passion durable et sans retour. Dispensé de service militaire grâce au tirage au sort qui lui est favorable, Flaubert entreprend sans conviction, en 1841, des études de droit à Paris, ses parents souhaitant qu’il devienne avocat. Il revient à Rouen, avant de s’installer en juin 1844 à Croisset, au bord de la Seine, à quelques kilomètres en aval de Rouen. Il y rédige quelques nouvelles et une première version de L’Éducation sentimentale.

C’est également au printemps de cette année que commence sa liaison houleuse et intermittente sur une dizaine d’années avec la poétesse Louise Colet. Il lui porte un regard très critique que l’on retrouve dans L’Éducation sentimentale. Portrait de Gustave Flaubert par Eugène Giraud, vers 1856. Madame Bovary, Flaubert poursuit une correspondance avec Marie-Sophie Leroyer de Chantepie, femme de lettres vivant à Angers, et dévouée aux pauvres. Flaubert continue sa vie mondaine : il rencontre l’empereur, reçoit la Légion d’honneur en 1866 et resserre ses liens avec George Sand qui le reçoit à Nohant. En juillet 1869, il est très affecté par la mort de son ami Louis Bouilhet.

Tombeau de Flaubert et de sa famille à Rouen. De 1877 à 1880, il poursuit la rédaction de Bouvard et Pécuchet, qu’il avait entamée en 1872-1874 : l’œuvre satirique pour laquelle il réunissait une documentation immense restera inachevée, elle sera publiée en l’état dans l’année 1881, un an après sa mort. Ses dernières années sont assombries par la disparition de ses amis, les difficultés financières et des problèmes de santé. Il meurt subitement le 8 mai 1880, à Canteleu, au hameau de Croisset, foudroyé par une hémorragie cérébrale. La Bibliothèque historique de la ville de Paris possède le manuscrit de L’Éducation sentimentale, ainsi que 36 carnets de notes de voyages et de lectures écrites de la main de l’écrivain.

Ce fonds a été légué par sa nièce en 1931. Enfin, son regard ironique et pessimiste sur l’humanité fait de lui un grand moraliste. Son Dictionnaire des idées reçues donne un aperçu de ce talent. Sa correspondance avec Louise Colet, George Sand, Maxime Du Camp et d’autres a été publiée en cinq volumes dans la Bibliothèque de la Pléiade. Flaubert commence le roman en 1851 et y travaille pendant cinq ans, jusqu’en 1856. Revue de Paris sous la forme de feuilleton jusqu’au 15 décembre suivant.

Le roman connaîtra un important succès en librairie. Honoré de Balzac avait déjà abordé le même sujet dans La Femme de trente ans en 1831, sous forme de nouvelle-roman qui parut en 1842 dans l’édition Furne de La Comédie humaine, sans toutefois faire scandale. Après avoir suivi ses études dans un lycée de province, Charles Bovary s’établit comme officier de santé et se marie à une riche veuve. Emma se laisse séduire par Charles et se marie avec lui. Salammbô, peinture par Gaston Bussière, 1907.

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