Le langage des fleurs des champs PDF

Pourquoi nous sommes-nous détournés des librairies ? Image : Une vieille enseigne de librairie à Paris photographiée par par Sean Ganann. Cette raison repose le langage des fleurs des champs PDF les transformations de nos pratiques culturelles.


Qu’on s’en désole ou qu’on s’en félicite, nos modalités de consommation, à l’heure de l’hyperconsommation que décrit très bien Gilles Lipovetsky dans Le bonheur paradoxal, me semblent également à prendre en cause. S’il reste encore des gens qui ont la culture de l’imprimé et uniquement de l’imprimé, les plus gros lecteurs sont devenus des gens aux pratiques culturelles multiples, qui ont intégré les écrans dans leurs modes de consommation culturelle. La montée du consommateur occasionnel On n’a jamais vendu autant de livres annuellement, mais nos modes de consommation ont changé en 20 ans. Tout d’abord, si nous sommes plus nombreux, nous achetons globalement moins de livres chacun.

Un Français sur deux n’en achète jamais ! Cela signifie que ceux qui demeurent des gros lecteurs demeurent avant tout des gros acheteurs. Les lecteurs occasionnels se sont réduits et ont tendance à acheter moins. Le fait qu’ils aient tendance à moins acheter les détourne de la librairie, car en ne vendant que du livre, la librairie s’adresse essentiellement au gros acheteur.

Mais il franchit de moins en moins la porte de la librairie. Le profil des personnes qui achètent des livres régulièrement n’a guère évolué en 10 ans : les femmes sont plus nombreuses que les hommes et la propension à acheter dépend toujours autant du niveau de diplôme et du milieu social. Pourtant, comme le montre Olivier Donnat dans sa remarquable Enquête sur les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique, parmi ceux qui lisent le plus, il y a désormais deux profils de lecteurs. Pour le dire autrement, alors que les bibliothèques sont devenues des médiathèques pour répondre à la diversification des publics, de l’offre et des demandes, les librairies, elles, sont restées des librairies. Amazone et Apple notamment- ou personne ne les juge puisqu’il n’y a pas de personnel pour les juger. Assurément, puisque les librairies qui se maintiennent le mieux dans la crise, sont souvent les plus grosses, comme le souligne l’étude Xerfi, c’est que le choix et la diversité sont devenues des valeurs primordiales pour les hyperconsommateurs que nous sommes devenus.

Image : Nous attendons la poésie, par J. L’illusion de la proximité et du conseil  Oui, l’accueil n’est réellement pas le point fort du commerce français. Tout le monde a pu en juger par lui-même. Internet lui est discret, on n’est pas vu, pas jugé, et en guise d’aide on se laisse conseiller par l’algorithme qui vous  calcule  votre besoin . Pourtant, il y a une chose que l’internet n’offre pas : c’est le contact humain .

Inventer ensemble la librairie de demain, Numerik’livre 2011. Le développement de l’internet, des GS et GSS, le succès des plus grosses librairies sur les plus petites, montre bien que la proximité physique et le conseil, les deux vertus de la librairie ne sont plus de mises. Pire, elles me semblent être devenues des lapalissades, des mantras qu’assènent les libraires pour se convaincre de leur utilité. Tout d’abord, contrairement à ce que pensent bien des libraires, ils n’ont pas le monopole du contact humain.

Pire, je pense qu’internet offre bien plus de contact humain, de richesse et de diversité d’interaction qu’un échange physique avec un libraire, quoiqu’ils s’en désolent. La critique facile voudrait qu’il n’y ait qu’un lieu où quelque chose d’humain advient : la rencontre physique. Mais dès que l’on aborde les pratiques numériques, on remet en place ces idées. Les gens sont derrière les écrans ! On a une représentation fausse des pratiques sociales. Dominique Cardon, cité par moi-même dans Quels nouveaux lieux de convivialité ? En tout cas, le succès de l’internet, de la GS et de la GSS : qui ne sont pas connu pour leurs qualités de conseil, montre, bien assurément, que ce n’est pas ce que cherchent les lecteurs, et surtout les lecteurs occasionnels.

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