LE LONG REMORDS DU POUVOIR. Le parti socialiste français (1905-1992) PDF

Nikolaï Boukharine, dans les années 1920. Il échoue dans ses tentatives de résistance quand il prend conscience des orientations réelles de la politique de Staline. Très LE LONG REMORDS DU POUVOIR. Le parti socialiste français (1905-1992) PDF élève, passionné d’histoire naturelle, de mathématiques, de littérature et de peinture, il est admis dans un des gimnaziya de Moscou les plus réputés, comme le Premier lycée classique de Moscou.


Il a presque dix-huit ans et il est déjà un révolutionnaire professionnel bolchevik. En 1907, avec Grigori Sokolnikov, il organise un congrès de la jeunesse et des étudiants sociaux-démocrates. Avec Ilya Ehrenbourg, il anime une grève dans une fabrique de papiers muraux. 1908, il est membre du Comité du parti de Moscou. Le premier contact direct avec Lénine est assez difficile car il ne parvient pas à le convaincre que Malinovski, chef de la fraction bolchevique des députés à la Douma, est en fait un policier qui espionne le parti, mais il sait vite se faire reconnaître comme un économiste marxiste et un critique compétent, publié régulièrement dans les journaux sociaux-démocrates. Le chemin est long et périlleux, par le Japon et la Sibérie, et il ne parvient à Moscou qu’au début du mois de mai. Mais Boukharine est de ceux qui en appellent à la guerre révolutionnaire pour arriver à une révolution prolétarienne mondiale.

Pendant quelques semaines il prend la tête du mouvement d’opposition à la ratification du traité de paix avec l’Allemagne signé à Brest-Litovsk. Mais une fois le traité ratifié, Boukharine renonce rapidement à diriger l’opposition  de gauche . Pour aller au socialisme, le pouvoir soviétique doit partir d’un niveau d’organisation inférieur à celui qu’atteignait déjà le capitalisme d’État. Le passage de Boukharine de la  gauche  à la  droite  du parti signifie avant tout qu’il prend conscience des conséquences du niveau réel de développement de l’économie soviétique. Après la mort de Lénine, en janvier 1924, Boukharine devient membre titulaire du Bureau politique.

Dans la lutte pour le pouvoir, Staline est assez habile pour écarter ses rivaux les uns après les autres. Trotsky, la personnalité la plus forte de l’opposition de gauche, est défait le premier, avec l’aide de Zinoviev et Kamenev. Puis Staline utilise Boukharine pour éliminer Zinoviev et Kamenev de la direction du parti. Boukharine semble ainsi accéder au plus haut niveau du pouvoir.

Seul le comité du Parti de la ville de Moscou est dirigée par des boukhariniens sûrs. Staline et ses partisans reprendront les mêmes attaques contre la  déviation droitière  en la présentant comme une menace pour la révolution à un moment où il faut accélérer l’industrialisation de la manière la plus énergique. Face à un secrétaire général dont il a renforcé le pouvoir en l’aidant contre les oppositions de gauche, Boukharine est assez facilement mis en difficulté et finalement écarté de tous ses postes dans la direction du Parti. La nouveauté est que plus rien ne se passe au grand jour. Au plenum du Comité central de juillet, puis au Congrès de l’IC, en août, les chefs de la droite constatent que là aussi ils ont perdu la majorité dans la direction et que les staliniens les harcèlent de plus en plus ouvertement. Boukharine et ses amis cependant se laissent berner par Staline qui, n’ayant pas encore de programme bien défini, accepte des compromis successifs apparemment favorables à la droite.

Boukharine essaie d’obtenir le soutien ou la neutralité de ses anciens adversaires. Il prend des contacts avec le groupe Zinoviev-Kamenev et cherche à joindre Trotsky. Une rencontre discrète avec Kamenev, à son domicile, le 11 juillet 1928, est particulièrement importante. Kamenev prend la mesure de l’inquiétude de son visiteur et de la peur que lui inspire Staline, ce  Genghis Khan  qui  ne craint pas de trancher les gorges  et qui  conduit le pays à la famine et à la ruine . Boukharine, qui ne peut rien dire publiquement pour se défendre, est contraint de signer avec Rykov et Tomsky une déclaration de soumission datée du 25 novembre 1929. La  droite  est ainsi éliminée, aussi bien dans le Parti communiste d’Union Soviétique que dans l’Internationale. Américain Lovestone, les Allemands Brandler et Thalheimer, etc.

Martemyan Rioutine, rédige et fait circuler clandestinement une plate-forme anti-stalinienne. Les modérés de la direction du Parti refusent d’aller aussi loin et limitent à un minimum le nombre des victimes emprisonnées ou exclues. Plus important encore : Sergueï Kirov, le dirigeant du Parti à Leningrad, apparaît de plus en plus comme le chef populaire des modérés. C’est dans ce contexte d’une courte période de dégel qu’en 1934-1936 Boukharine est politiquement réhabilité. Il a préalablement reconnu une fois de plus ses  fautes  en janvier 1933.

This entry was posted in Romance et littérature sentimentale. Bookmark the permalink.