Le Parti communiste français des années sombres (1938-1941): Actes du colloque d’octobre 1983 PDF

Leurs philosophies, bien que très proches, ne sauraient être confondues, même si les deux auteurs se sont influencés. Je n’essaie pas de protéger ma vie après coup par ma philosophie, ce qui est bâtard, ni de conformer ma vie à ma philosophie, ce qui est pédantesque, mais vraiment, vie et philo ne font plus qu’un. Jean-Paul Le Parti communiste français des années sombres (1938-1941): Actes du colloque d’octobre 1983 PDF laisse derrière lui une œuvre considérable, sous forme de romans, d’essais, de pièces de théâtre, d’écrits philosophiques ou de biographies. Sa philosophie a marqué l’après-guerre, et il reste, avec Albert Camus, un symbole de l’intellectuel engagé.


L’attitude du parti communiste français au début de la dernière guerre, période contestée de notre histoire. « Copyright Electre »

1980, Sartre n’a cessé de défrayer la chronique. Il fut en effet de tous les combats, pleinement et totalement engagé dans son époque, embrassant avec ferveur toutes les causes qui lui ont semblé justes. Sartre aura milité inlassablement, jusqu’au bout de sa vie. Selon de nombreux commentateurs et pour Sartre lui-même, sa vie est séparée en deux par la Seconde Guerre mondiale. Cette seconde période de son œuvre a fortement influencé les sociologues qualitativistes comme Erving Goffman. Le petit Sartre n’a jamais connu son père, qui meurt de la fièvre jaune quinze mois après sa naissance.

L’image du père est pourtant là : c’est son grand-père, Charles Schweitzer, homme à la personnalité imposante, qui l’éduque avant qu’il n’entre à l’école publique à dix ans. De 1907 à 1917, le petit  Poulou , comme on l’appelle, va donc vivre avec sa mère chez les parents de celle-ci. Il y passe dix années heureuses. Cette période se termine en 1917 : sa mère se remarie avec Joseph Mancy, ingénieur de la marine, que Sartre, alors âgé de 12 ans, ne finira jamais de haïr. Ils déménagent alors à La Rochelle, où il restera jusqu’à l’âge de 15 ans, trois années qui seront pour lui des années de calvaire : Sartre passe en effet du climat familial heureux à la réalité des lycéens qui lui paraissent violents et cruels. Vers l’été 1920, malade, Jean-Paul Sartre est ramené d’urgence à Paris. Soucieuse de son éducation qui pourrait être  pervertie  par les mauvais garçons du lycée de La Rochelle, sa mère décide que son fils restera à Paris.

Jean-Paul Sartre, étudiant à l’École normale supérieure de Paris en 1924. 16 ans, Sartre revient au lycée Henri-IV où il avait été élève en sixième et cinquième. Il y retrouve Paul Nizan, lui aussi apprenti écrivain, avec qui il nouera une forte amitié, jusqu’à sa mort en 1940. Sartre commence à se construire une personnalité. Sartre, toujours accompagné de Paul Nizan, prépare le concours d’entrée à l’École normale supérieure au lycée Louis-le-Grand. Il y fait ses premières armes littéraires, en écrivant notamment deux petits contes, deux sinistres histoires de professeurs de province, dans lesquelles éclatent son ironie et son dégoût pour les vies conventionnelles. Sartre se fait tout de suite remarquer dans ce que Nizan appelle  l’école prétendue normale et dite supérieure .

Maurice Merleau-Ponty ou encore Henri Guillemin. Pourtant, au cours de ces quatre années à l’École normale supérieure, Sartre ne paraît pas s’intéresser à la politique. Spontanément anarchisant, il ne va à aucune manifestation, ne s’enflamme pour aucune cause. Ce surnom sera adopté par Sartre et elle deviendra sa compagne jusqu’à la fin de sa vie. Japon, pays qui l’a toujours intéressé. Sartre entre alors de plain-pied dans la vie réelle, le travail et la vie quotidienne. S’il choque quelque peu les parents et les professeurs par ses manières, comme arriver en classe sans cravate, il séduit cinq générations d’élèves, pour lesquels il est un excellent professeur, chaleureux et respectueux, et souvent un ami.

De là naît sa complicité avec l’adolescence, un contact qu’il aimera toujours avoir tout au long de sa vie. Une œuvre qui marquera durablement Sartre. La gloire qu’il pensait obtenir depuis l’enfance, ces années au Havre la remettent en cause, puisque ses écrits sont refusés par les éditeurs. Commence alors pour lui une brève phase de notoriété, avec La Nausée qui manquera de peu le prix Goncourt et la publication d’un recueil de nouvelles, Le Mur. Avant la guerre, Sartre n’a pas de conscience politique. Pacifiste, mais sans militer pour la paix, l’antimilitariste Sartre assume pourtant la guerre sans hésiter. L’expérience de la guerre et de la vie en communauté va le transformer du tout au tout.

La drôle de guerre prend fin en mai 1940, et le faux conflit devient bien réel. Cette vie dans le camp de prisonniers est importante, car elle est le tournant de sa vie : dorénavant, il n’est plus l’individualiste des années 1930, mais se fixe un devoir dans la communauté. 24 de la rue Cels où Sartre habita à plusieurs reprises pendant la guerre. De retour à Paris, il aurait fondé avec certains de ses amis, dont Simone de Beauvoir, un mouvement de Résistance,  Socialisme et liberté . Il sera d’ailleurs profondément critiqué par Jankélévitch qui lui reprochera de s’être occupé davantage de l’avancement de sa carrière que de dénoncer ou contrarier l’occupant.

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