Le Prince et son portrait : Incarner le pouvoir dans l’Allemagne du XVIe siècle PDF

Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. Martin Luther en 1528 par Lucas Cranach l’Ancien. Préoccupé par les questions de la mort et du salut qui caractérisent le christianisme du Moyen Âge tardif, il puise des réponses dans la Bible, particulièrement dans l’épître de Le Prince et son portrait : Incarner le pouvoir dans l’Allemagne du XVIe siècle PDF aux Romains. Il est accueilli par son ami l’électeur de Saxe Frédéric III le Sage au château de la Wartbourg, où il compose ses textes les plus connus et les plus diffusés.


La Réformation ne donne pas seulement naissance à une nouvelle manière de croire, mais aussi à une nouvelle manière de voir. Dans l’Empire allemand, si Luther tolère les images dans les églises, il n’en provoque pas moins l’apparition d’une nouvelle iconographie religieuse et profane. On peut en effet relier à la prédication luthérienne et au combat confessionnel la multiplication d’images du prince, produites par l’atelier de Lucas Cranach, peintre graveur attitré des Electeurs de Saxe, premiers défenseurs du Réformateur. Ce nouvel art visuel du portrait donne naissance à des formes inédites de la représentation de l’autorité politique. En réponse à cette expansion du portrait protestant, les princes catholiques de l’Empire s’engagent eux aussi dans une production visuelle nouvelle. Ainsi s’instaure, à côté du combat des armes et de la parole, une guerre des images dont l’enjeu est bien la reconnaissance légitime d’une foi, mais aussi la redéfinition du pouvoir civil. Après la paix d’Augsbourg (1555) qui reconnaît une existence légale aux luthériens, les formes de représentations de ces derniers tendent à capter les modalités figuratives impériales et monarchiques, fondées pourtant sur un modèle catholique de l’Incarnation. Le portrait du prince adossé à une importante réflexion théorique sur son autorité devient un des. moyens de penser un pouvoir en pleine mutation.

Luther adopte vers la fin de son existence une attitude de plus en plus judéophobe. Son père, paysan d’origine, devient mineur dans une mine de cuivre de la région de Mansfeld, puis exploitant d’une mine de cuivre et d’une fonderie, ce qui lui permet d’acquérir le statut de bourgeois puis de magistrat. Il envoie Martin suivre ses études primaires et secondaires dans les écoles latines de Mansfeld, puis à Magdebourg et à Eisenach. En 1501, à l’âge de dix-huit ans, il entre à l’université d’Erfurt, où il obtient un diplôme de bachelier en 1502 et une maîtrise en 1505.

Cependant, la philosophie lui semble insatisfaisante, prometteuse quant à la raison mais sans rapport avec l’amour de Dieu. Plus tard, il attribuera cette évolution à un événement : le 2 juillet 1505, il retournait à cheval à Erfurt après un congé dans sa famille. Pendant un orage, la foudre frappa près de lui. Sainte Anne, sauve-moi et je me ferai moine !

Il en vient à considérer son appel à l’aide comme une promesse qu’il ne pourra briser. Un ami impute cette décision à la douleur de Luther lors de la perte de deux de ses amis. Certains font remonter les idées réformatrices de Luther à un séjour qu’il a fait à Rome en 1510-1511 pour les affaires de son ordre. Ce n’est apparemment pas le cas, et les abus ecclésiastiques de l’époque ne semblent pas l’émouvoir outre mesure. Luther en arrive à se dire que l’homme doit accepter son état de pécheur et qu’il est fatalement imparfait devant Dieu, ce qui n’empêche pas la pénitence. Thèses de Wittemberg, sont imprimées à la fin de l’année.

This entry was posted in Art, Musique et Cinéma. Bookmark the permalink.