Le souci des autres : Ethique et politique du care PDF

Le souci des autres : Ethique et politique du care PDF article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Cette éthique place aussi au cœur de sa réflexion l’impact concret de nos choix et actions, par opposition à des théories abstraites de la justice, élaborées à partir de principes.


Les perspectives féministes connaissent depuis une trentaine d’années un développement considérable dans le champ académique anglo-saxon. Si les analyses en termes de genre sont désormais connues du public français, l’idée de care – mot habituellement traduit par soin, attention, sollicitude – n’a pas trouvé un accueil aussi évident, sans doute en raison de sa dimension provocatrice. En réintégrant dans le champ des activités sociales significatives des pans entiers de l’activité humaine négligés par la théorie sociale et morale, ces approches ébranlent la partition entre des registres habituellement disjoints. Les questions triviales posées par le care – qui s’occupe de quoi, comment ? – font appel à une anthropologie différente comprenant dans un même mouvement la vulnérabilité, la sensibilité, la dépendance. Elles mettent en cause l’universalité de la conception libérale de la justice, installée en position dominante dans le champ de la réflexion politique et morale, et transforment la nature même du questionnement moral. L’irruption récente du Care dans le débat public rendait nécessaire une réédition de l’ouvrage de 2005, qui présentait les principaux textes de référence sur la question. II y manquait cependant une contribution de la principale théoricienne du care, Carol Gilligan, dont l’oeuvre fondamentale, In a Different Voice (1982), était à l’arrière-plan de toutes les réflexions de l’ouvrage. Cette lacune est comblée dans la nouvelle édition.

Plutôt que d’attribuer la tendance apparente du retard moral des filles à une construction sociale patriarcale du genre féminin, Gilligan enquêta sur les discours moraux des jeunes filles pour découvrir une singularité qui aurait échappé à la classification de Kohlberg. Pour la psychologue, éthique de la sollicitude, enracinée dans les situations singulières est complémentaire de l’éthique plus classique, détachée, de Kohlberg. Les valeurs morales de soin, d’attention à autrui, de sollicitude se trouvent souvent identifiées de prime abord par le sens commun comme étant spécifiquement féminines. Dans cette perspective, l’éthique de la sollicitude peut et doit concerner chacun dans la mesure où chacun est ou peut devenir un  aidant . Ainsi, l’éthique de la sollicitude peut être comprise comme une phénoménologie du rapport de soin, d’attention, de sollicitude entre soignants et soignés, aidants et aidés. L’étude de cette relation mérite d’être réalisée selon différents angles d’analyse.

Le mot sollicitude est généralement employé comme équivalent du mot anglais care. Ce dernier était employé dans les premiers travaux français sur le sujet, avant que l’équivalent consensuel sollicitude ait été consacré par l’usage. Les difficultés à traduire le « care » contribuent au maintien de l’expression anglaise dans plusieurs œuvres francophones et sont fréquemment discutées. Celles-ci sont beaucoup plus investies dans les relations de soin qui les attachent à autrui, alors que les hommes portent plus d’intérêt à la construction individuelle et font davantage place à la compétition.

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