Le Travail du scepticisme : Montaigne, Bayle, Hume PDF

Portrait de David Hume par Allan Ramsay, en 1754. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d’arbitraire, cela reste un moyen le Travail du scepticisme : Montaigne, Bayle, Hume PDF utile, et en l’occurrence plutôt pertinent si l’on s’appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu’il a menée. Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d’être toujours la même. Né à Édimbourg d’une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d’une fratrie de trois.


Qu’est-ce qui a rendu possible, historiquement et conceptuellement, la constitution d’une  » science de l’homme  » (où celui-ci n’est plus seulement sujet, mais objet de connaissance) – et par là ce que nous appelons aujourd’hui les sciences humaines ? Ni la  » découverte  » de l’altérité humaine (la diversité des cultures non-européennes) n’aurait suffi, ni le modèle de la rationalité expérimentale (apporté par la science classique). Mais il fallait une révolution dans la conception des rapports entre l’humain et l’animalité combinée à une critique radicale de la théologie rationnelle et à la formation du concept de la croyance, l’une et l’autre arrachant la nature humaine à l’ordre cosmologique et faisant de l’homme un animal qui croit. Produire ce nouvel objet de pensée, tel est le travail du scepticisme moderne, absolument irréductible à ses modèles antiques, qui s’étend de Montaigne à Bayle, et trouve son couronnement chez Hume. Il emporte une nouvelle conception du sujet, où la raison et la conscience sont mises à distance d’elles-mêmes, pour être rapportées à la mémoire, à l’opinion et à la sympathie, donc à l’institution sociale. Telle est la part de l’ombre qu’au revers de l’orthodoxie des Lumières ses représentants les plus critiques ont voulu faire surgir, pour ouvrir à la connaissance.

Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu’il évoque dans une lettre à J. Il est pris d’une  insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général . Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d’être compris de son public, d’où la reformulation du Traité et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d’autres livres ou essais. Hume a refusé que le Traité fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n’empêche pas le livre d’être aujourd’hui considéré comme l’une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale. Après l’échec du Traité de la nature humaine, Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739.

Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l’Université d’Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l’athéisme supposé que contiendraient les thèses du Traité. La même année, il devient le précepteur du marquis d’Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu.

En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d’Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d’une Histoire d’Angleterre. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son Histoire naturelle de la religion.

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