Les Juifs et l’identité française PDF

Une du journal Le Matin du 19 octobre 1940, annonçant la promulgation du statut des Juifs. Durant la période de l’Occupation allemande, le régime de Vichy a édicté plusieurs lois sur le statut des Juifs, faisant de ces derniers une catégorie à part de la population. Les lois régissant le statut des Juifs étaient différentes suivant que la zone était annexée par l’Allemagne, occupée ou dépendante du régime de Vichy. Les ordonnances prises en zone occupée étaient presque les mêmes que celles prises les Juifs et l’identité française PDF Allemagne, et celles prises par Vichy s’en inspiraient : elles étaient beaucoup plus rigoureuses que celles de l’Italie fasciste qui régissaient le comté de Nice.


Présente depuis plus de quinze siècles en France, la minorité juive n’entrera réellement dans l’espace public qu’à partir de la Déclaration des droits de l’homme, lors de la Révolution, et de l’Empire. En dépit des préjugés qui s’estompent difficilement, les juifs de France, au cours du XIXe siècle, vont progressivement s’intégrer sans se renier. Ils s’affirment fièrement les « enfants adoptés de la patrie ». Cet effort d’adaptation est encouragé et soutenu par l’ensemble de leurs structures sociales, par leurs autorités religieuses et surtout par le désir de chacun de témoigner sa reconnaissance et sa fidélité à l’État qui les a émancipés. Mais c’est aussi la République, à travers ses institutions comme l’école laïque, les lycées, le service militaire et son appareil d’État, qui a contribué à cette intégration. C’est ce cheminement que relate ici Béatrice Philippe, de l’émancipation en 1791 à l’affaire Dreyfus, en s’appuyant sur des archives, des extraits de presse, des témoignages… Elle s’attache à décrire comment les juifs ont perpétué leurs traditions en les tissant avec les valeurs patriotiques. La République a tout mis en œuvre pour intégrer les nouveaux venus, mais c’est grâce à leur volonté affirmée qu’elle a pu le faire. Béatrice Philippe est professeur émérite des universités. Elle a été titulaire de la chaire de civilisation juive et directrice de recherche d’études hébraïques et juives à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales). Elle a consacré ses recherches à l’histoire des juifs de France et publié de nombreux ouvrages sur ce sujet. 

D’autres catégories de la population, telles que les communistes étaient recherchées et arrêtées. La franc-maçonnerie est interdite par le nouveau régime qui procède à une épuration administrative. La loi sur les dénaturalisations a été mise en place dès le 22 juillet 1940, un mois à peine après la proclamation du régime de Vichy de Pétain. L’administration des gouvernements de Vichy se met ainsi au service de la politique de l’Allemagne nazie vis-à-vis des Juifs.

L’article 3 prévoit que :  Dans les régions occupées de la France, le Reich allemand exerce tous les droits de la puissance occupante. Le gouvernement français s’engage à faciliter par tous les moyens les réglementations relatives à l’exercice de ces droits et à la mise en exécution avec le concours de l’Administration française. Tous les prisonniers de guerre et prisonniers civils allemands, y compris les prévenus et condamnés qui ont été arrêtés et condamnés pour des actes commis en faveur du Reich allemand, doivent être remis sans délai aux troupes allemandes. Le gouvernement français est tenu de livrer sur demande tous les ressortissants allemands désignés par le gouvernement du Reich et qui se trouvent en France, de même que dans les possessions françaises, les colonies, les territoires sous protectorat et sous mandat.

De ce fait, il est nécessaire de préciser les mesures prises par les autorités d’occupation allemande dans partie Nord et Ouest de la France, et celles prises par le régime de Vichy. 1er juillet 1940 : les Allemands expulsent plusieurs milliers de Juifs français d’Alsace et de Lorraine vers la zone libre. 18 octobre 1940 : ordonnance allemande plaçant sous séquestre les entreprises et biens appartenant aux Juifs absents ou arrêtés, dite ordonnance d’Aryanisation. 26 avril 1941 : ordonnance allemande redéfinissant le deuxième statut allemand des Juifs. 14 juin 1941 : ordonnance allemande qui étend le deuxième statut allemand des Juifs de la zone occupée à la zone libre. Refusé par le gouvernement de Vichy.

13 août 1941 : ordonnance allemande qui interdit aux Juifs de posséder un récepteur radio. 17 décembre 1941 : ordonnance allemande imposant aux Juifs une amende d’un milliard de francs à prendre sur les sommes séquestrées à la Caisse des dépôts et consignations. 24 mars 1942 : ordonnance allemande étendant la définition du Juif et étendant la législation antérieure à cette nouvelle catégorie. 27 mars 1942, zone occupée : premier convoi de Juifs déportés par les autorités allemandes depuis le camp de Compiègne. 29 mai 1942 : ordonnance allemande imposant aux Juifs le port de l’étoile jaune par tous les Juifs de plus de 6 ans, en application le 7 juin.

10 juin 1942 : instruction allemande donnée à la Compagnie du métropolitain imposant aux Juifs de ne prendre que la dernière voiture du métropolitain. 1942 : les services de la SS sont chargés de rechercher et d’arrêter tous les Juifs. 3 juillet 1942 : instruction allemande interdisant aux Juifs en zone occupée l’usage du téléphone et des cabines téléphoniques. 8 juillet 1942 : ordonnance allemande interdisant aux Juifs la fréquentation des salles de spectacle et leur interdisant l’accès aux magasins en dehors de la période de 15 à 16 heures. 12 juillet 1942 : ordre par le Service allemand des affaires juives dirigé par Theodor Dannecker d’arrêter tous les Juifs en zone occupée. 16 juillet 1942 : arrestation massive en zone occupée de Juifs qui sont internés au Vélodrome d’Hiver.

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