Marseille, regard rétrospectif sur le XXe siècle PDF

Jacques Villeglé le 7 avril 2016 à la galerie G. Jacques Villeglé est né dans une famille d’marseille, regard rétrospectif sur le XXe siècle PDF bourgeoisie : la famille Mahé de Villeglé, originaire de Bretagne. De 1950 à 1954, il réalise Pénélope, film conçu par Raymond Hains qui restera inachevé. Sur les déchets des pellicules surexposées, avec de l’encre de Chine grasse, qui craquellera en séchant, Villeglé, suivant son habitude ad-hociste, fera des graffiti.


Le regard rétrospectif que Volker Koettgen jette sur un siècle d’Histoire marseillaise peut surprendre par l’originalité de sa forme, car la structure de son ouvrage s’éloigne quelque peu des canons universitaires établis en la matière, pour se consacrer aux témoignages vivants, étayés par des relations journalistiques et des illustrations populaires du moment. Cette forme de reportage d’un voyage dans le temps laisse aux acteurs ou aux spectateurs des événements qui se sont déroulés au cours du siècle dernier le loisir de relater les moments vécus et les souvenirs que leur mémoire a conservés. Les événements importants, heureux ou malheureux, réjouissants ou tragiques, qui ont ponctué l’Histoire de notre ville, sont certes largement connus mais ce livre fait par des Marseillais pour les Marseillais, nous livre des témoignages où se mêlent les souvenirs personnels et la réminiscence de ces événements, ainsi que leur perception à chaque niveau de l’échelle sociale. Mais là ne réside pas le seul mérite de cet important document. Il donne l’occasion de mieux faire connaître cette tranche d’Histoire de Marseille à ceux qui ne l’ont pas ou peu connue et de raviver les souvenirs de ceux qui y ont participé. Il permet également de mesurer, après les épreuves endurées, le chemin parcouru sur la voie du renouveau.

Villeglé a fait l’objet de plus de 200 expositions personnelles en Europe, en Amérique, en Asie et en Afrique. L’artiste a participé à des manifestations collectives sur les cinq continents. En 2016, une de ses œuvres, 14 juillet, décembre 1960, est présentée dans le contexte de l’exposition  Jacques Chirac ou le dialogue des Cultures  au musée du Quai Branly. Il limite son comportement appropriatif aux seules affiches lacérées. Pour lui, le véritable artiste est le  lacérateur anonyme , la collecte pouvant être effectuée par n’importe qui. Jacques Villeglé souhaite s’effacer derrière son œuvre, il aime ainsi citer André Breton disant que  un artiste doit vivre à l’ombre de son œuvre .

Lors de leur première exposition chez Colette Allendy en 1957, Hains et Villeglé décident de ne pas mentionner leurs noms sur les cartels. Dans sa dernière période Villeglé ajoutera, presque systématiquement, à ses titres, les noms des musiciens, ou d’autres éléments visibles sur les affiches restant toujours ainsi dans le domaine concret. 2008 de l’œuvre  112 bd Haussmann, 15 mars 1988  arrachée 20 ans plus tôt. En octobre 1960, Jacques Villeglé adhère au mouvement des nouveaux réalistes créé sous l’égide du critique d’art Pierre Restany. Il s’associe à ce groupe d’artistes Klein, Arman, Dufrêne, Hains, Tinguely, Spoerri, Raysse, auxquels s’ajoutent en 1961 César, Rotella, Niki de Saint Phalle, Deschamps.

Ces artistes ont des pratiques très différentes mais perçoivent comme point commun une démarche d’appropriation directe du réel. Il crée donc des œuvres à partir d’affiches lacérées par des passants anonymes ou abîmées par les conditions climatiques en les décollant de leur support dans la rue. Après avoir fait un choix dans les affiches ramassées, il opère dans l’affiche, comme un photographe, un cadrage, parfois, mais rarement, il recompose une affiche à partir de différents morceaux d’affiches, puis les maroufle sur toile et les signe lorsqu’il les cède. Montparnasse, une affiche lacérée aux couleurs éclatantes repérée par les Américains et permettra à l’artiste d’obtenir l’étiquette de précurseur du Pop Art. Jacques Villeglé se transforme en archéologue de la rue en restituant une part de la mémoire collective dévolue à l’oubli ou à la destruction. Ses sources d’inspiration se multiplient avec l’émergence et le développement de la société de consommation avec la domination progressive de la publicité.

Les affiches officielles ou sauvages sont d’une grande diversité formelle avec une large palette de couleurs. Il remet en cause le statut de l’artiste et condamne le mythe de la création individuelle. Sa devise  Le ravir plutôt que le faire , le dispense du geste créatif purement personnel. Ces œuvres révèlent à quel point notre regard est conditionné par cet environnement visuel quotidien idéologiquement biaisé, et réactive notre mémoire de façon critique, mais aussi ludique.

Il intervient rarement sur les images trouvées. Il s’agit de révéler dans la superposition de différentes épaisseurs de papiers lacérés la beauté d’une forme, d’une couleur, d’une épaisseur de déchirures, d’une trace laissée par la main d’un anonyme avec un graffiti ou une écriture pour faire percevoir la dimension sauvage et réactive de la vie urbaine et civilisée. En juin 1953, Raymond Hains et Jacques Villeglé publient  Hepérile éclaté , poème phonétique de Camille Bryen rendu illisible à travers les trames de verre cannelé de Raymond Hains. 1940, Raymond Hains invente un procédé de distorsion optique en photographiant des formes lumineuses et des objets en utilisant des plaques de verre cannelé.

Lacéré anonyme, entité qu’il crée en 1959. Si Villeglé est féru du monde des images, il témoigne aussi d’un grand intérêt pour la typographie, la recherche graphique et la poésie. Releveur de traces de civilisation, plus particulièrement lorsqu’elles sont anonymes, Villeglé imagine, à partir de 1969, un  alphabet socio-politique  en hommage à Serge Tchakhotine, auteur en 1939 d’un essai intitulé Le Viol des foules par la propagande politique. En 2014, Jacques Villeglé réalise avec Cristel Éditeur d’Art la sculpture  Saint-Malo, là où tout a commencé . Un bronze original et muséal tiré à 12 exemplaires pour rappeler que c’est en août 1947, chaussée des corsaires, que l’artiste a jeté les bases de son œuvre. En 2013, il réalise la lithographie du portfolio Art et Prestige du Tour de France créé par Cristel Éditeur d’Art à la demande d’Amaury Sport Organisation pour célébrer la 100e édition du Tour de France.

This entry was posted in Romans policiers et polars. Bookmark the permalink.