Par delà le bien et le mal: Prélude d’une philosophie de l’avenir PDF

Jean d’Ormesson ayant été élu par l’Académie française à la place vacante par par delà le bien et le mal: Prélude d’une philosophie de l’avenir PDF mort de M. J’aurais mauvaise grâce à m’étonner de ces variations qui vous sont parfois reprochées puisque c’est à elles que je dois d’abord d’être aujourd’hui parmi vous.


 Qui, parmi les philosophes contemporains, peut se targuer d’avoir publié un livre à compte d’auteur, ordonné un tirage à 140 exemplaires et n’avoir jamais pu en vendre qu’à ses amis proches, lesquels trouvent d’ailleurs le livre mauvais? Bien peu à l’exception de Friedrich Nietzsche, lors de la publication de Par delà le bien et le mal en 1886. 

 

Qu’est-ce que cela signifie-t-il? Que l’ouvrage est un véritable chef-d’œuvre. Car, c’est le propre du génie de n’être guère compris en son temps. Par exemple : sur la question de la liberté, Nietzsche déjoue toutes les attentes. Il est contre le concept de libre-arbitre. Mais ne goûte guère l’explication déterministe. La vie? Une sorte de tragédie joyeuse, où tout est possible dans les limites d’un jeu où tout est déjà joué d’avance. Sans cesse dans l’entre-deux et non dans la synthèse, si chère aux hégéliens, Nietzsche déroute autant qu’il déboute les mandarins. Cela fait de ce texte un modèle du genre.

D’autre part, Par delà le bien et le mal est un texte à (re)lire sans attendre, car il est à jamais irrécupérable. Penser le monde sans catégories morales est un exercice effrayant.  Angoissant et pétrifiant. Dément et violent à la fois. Et nécessaire. A chaque aphorisme, le message s’enfonce en peu plus dans notre chair flasque et inerte d’apôtre du bien, de portefaix de l’humanité : la morale, c’est fait pour les esclaves. 

 

La présente traduction de Henri Albert a été faite sur le septième volume des Œuvres complètes de Fr. Nietzsche, publié en novembre 1894 chez C. G. Naumann & Leipzig, par les soins du «Nietzsche-Archiv».

 

Ce livre s’adresse aux bien-pensants de tous bords : bobo ou golden boy, yuppie ou métrosexuel, votre grande chance est là sous vos yeux. Il suffit de tourner les pages…

Valincour succède à Racine, Gros de Boze à Fénelon et Châteaubrun à Montesquieu. Voilà que, fidèle sans doute à l’esprit d’alternance de ces exercices en dents de scie, j’occupe à mon tour le fauteuil de Jules Romains. Un soir d’octobre 1903, deux jeunes gens de dix-huit ans sortaient de la Khâgne du lycée Condorcet où ils préparaient le concours d’entrée de l’École normale supérieure. Ils étaient amis, et l’amitié jouait un grand rôle dans l’image qu’ils se faisaient de leur vie. Ils découvraient ensemble, à travers trois ou quatre littératures, le génie poétique d’Homère ou d’Hugo, de Dante ou de Cervantès, de Shakespeare ou de Goethe. Ce n’est pas un cas isolé.

D’où pouvaient bien surgir chez notre Khâgneux de Condorcet les racines de cette crise à la fois mystique et rationnelle ? Comment ne pas nous tourner d’abord, pour tâcher de mieux les comprendre, du côté du couple fameux de l’hérédité et du milieu ? Le pays natal, pour Jules Romains, il est permis de le dire double : c’est le Velay et c’est Paris. Voulez-vous vous souvenir des deux personnages centraux des Hommes de Bonne Volonté ? Il nous faut remonter ici encore un peu plus loin dans ce roman des origines qui est aussi, en même temps, origine du roman, dans cette poésie des origines qui est toujours, avec évidence, origine de la poésie.

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