Paroles de bourreau : Témoignage unique d’un Exécuteur des Arrêts criminels PDF

Auteur d’une tentative de sabotage, il est le seul Européen guillotiné pendant la guerre d’Algérie. Sa mère, Encarnación Gregori, était née en Espagne. Iveton paroles de bourreau : Témoignage unique d’un Exécuteur des Arrêts criminels PDF exprimé à deux reprises son souci de ne tuer personne. Iveton est repéré par un contremaître de l’usine, Oriol, qui se méfie de lui et l’a vu entrer dans le local avec son sac de plage et en ressortir les mains vides.


Algérie (Batna) : J’ai assisté à ma première exécution en juillet 1947. J’avais tout juste seize ans. Ce matin-là, j’étais à deux doigts de dire :  » Je n’y vais pas.  » Parce que quand même, voir un homme mourir comme ça…
Ça a été rapide. A peine trois secondes depuis le pied de la guillotine. Mais toute cette attente et ce silence pesant depuis presque une heure m’oppressaient à un point tel que lorsque la lame est tombée, je me rappelle avoir poussé un petit cri :  » Ahhh !  » Oui… quand j’ai vu que sa tête était entre les montants et que ça allait être la dernière seconde… J’ai vu le gars basculer, la lame est tombée… Et puis alors le sang…
Bon, la première, la deuxième et puis après, c’est pas qu’on s’habitue, mais une fois dans l’équipe, on a une tâche bien précise, on se concentre sur le travail à faire.
Fernand Meyssonnier est le premier et le dernier exécuteur de France à s’exprimer. Ce témoignage exceptionnel – que l’abolition de la peine de mort dans notre pays rend à jamais unique – expose en pleine lumière la mise en oeuvre de la peine capitale et révèle le fonctionnement ambigu de  » l’abattoir solennel  » en Algérie depuis les années 30 jusqu’à l’Indépendance. Cette autobiographie d’un homme  » ordinaire  » ayant assumé une fonction extraordinaire, doté par la société du pouvoir exorbitant de tuer, retrace sans tabou ni censure la formation, la situation et la pratique de celui que l’on désignait communément sous le nom de  » bourreau « .

La bombe est désamorcée par les militaires. Il n’y a ni dégâts, ni victimes. Du 14 au 17 novembre 1956, Fernand Iveton est torturé au commissariat central d’Alger. Le pourvoi d’Iveton devant le tribunal de cassation militaire est rejeté le 3 décembre 1956.

Jacqueline Guerroudj est arrêtée le 4 janvier 1957. Me Albert Smadja, son avocat commis d’office, témoin de l’exécution, rapporte qu’avant de mourir Fernand Iveton déclara :  La vie d’un homme, la mienne, compte peu. Ce qui compte, c’est l’Algérie, son avenir. Je suis persuadé que l’amitié entre Français et Algériens se ressoudera. Ils bénéficient ensuite de l’amnistie en 1962. Emmanuel Roblès écrit en 1959 la pièce Plaidoyer pour un Rebelle qui sera créée en 1960.

Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton : enquête, Paris, Éditions L’Harmattan, coll. Jacqueline Guerroudj, Des douars et des prisons, Alger, Bouchène, 1993, 152 p. Joë Nordmann, Aux vents de l’histoire, mémoires, récit recueilli par Anne Brunel, Arles, Actes Sud, coll. François Mitterrand et la guerre d’Algérie, Paris, Calmann-Lévy, 2010, 312 p. Jean-Luc Einaudi, Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton.

Mustapha Boutadjine,  Biographie de Fernand Iveton , sur alger-republicain. Guerroudj Abdelkader dit Djilali , sur maitron-en-ligne. George Acampora est décédé, il était un militant de la cause algérienne , sur djazairess. Fidaï, syndicaliste, ancien militant communiste :  La France doit avoir honte de ses méfaits , sur djazairess. Jacques Charby, L’Humanité, 7 janvier 2006.

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