Pas très catholique, Lacan ? PDF

Le terme relève principalement du domaine religieux, et sert à qualifier ou à désigner des expériences spirituelles de l’ordre du contact ou de la communication avec une réalité transcendante non discernable par le sens commun. Avant cela, il n’existe que comme adjectif : est mystique ce qui relève de la connaissance du mystère ou d’un mystère. La notion de mystique a été développée dans le christianisme en rapport avec une conception biblique et plus particulièrement paulinienne du mystère selon laquelle ce dernier s’identifie avec la révélation de Dieu pas très catholique, Lacan ? PDF Jésus-Christ. Denys l’Aréopagite s’inscrit dans cette tradition.


Dénonciations, reprises, détournements, résurgences, connivences et ricanements… Jacques Lacan n’a cessé d’en découdre avec le catholicisme. Exemple : « Sachez que le sens religieux va faire un boom dont vous n’avez aucune espèce d’idée. Parce que la religion, c’est le gîte originel du sens. J’essaie d’aller là contre, pour que la psychanalyse ne soit pas une religion, comme elle y tend, irrésistiblement ». A le suivre de près dans ce parcours de toute une vie, Jean-Louis Sous laisse entrevoir un Lacan pas très catholique. Quoique.

La théologie mystique  notamment de la part de Jean de Gerson. Jean-Joseph Surin envisage la mystique comme une science, fournissant des considérations qui comptent parmi les premières sur ce qui s’appelle depuis  la mystique . Considérée non plus seulement comme une théologie au sein du christianisme, elle est pensée comme un phénomène universel. Saint Jean de la Croix, Sainte Thérèse d’Avila, etc.

Pour Michel Hulin, des expériences mystiques peuvent se produire hors de tout cadre religieux défini. Dans La mystique sauvage, il analyse les expériences mystiques non comme un aspect du phénomène religieux mais pour elles-mêmes, sans limiter le sujet en fonction des découpages catégoriels fondés sur l’une ou l’autre conception de la religion, ni à ce qui relève des religions habituellement reconnues ou identifiées comme telles. Le terme  mystique  est employé comme adjectif depuis l’Antiquité pour qualifier ce qui relève d’un mystère. Dans ce contexte, l’adjectif  mystique  correspond au nom  mystère  tandis que le nom commun  mystique  n’existe pas.

Il ne peut alors être question, ni de  la mystique , ni  des mystiques . Ce constat est valable non seulement pour le français, mais aussi pour les autres langues, notamment le latin et le grec. L’apparition tardive de l’usage du mot  mystique  comme substantif est le fait linguistique qui permet aujourd’hui de dater l’invention ou l’émergence de la mystique. Les données de ces publications ont été reprises par Michel de Certeau dans La Fable mystique. Mystères d’Éleusis, un des cultes à mystères dans la célébration duquel est présente une ciste mystique ou secrète.

Cette révélation est pour Paul, le secret de la Sagesse de Dieu, inaccessible à la sagesse des hommes,  scandale pour les Juifs, folie pour les Grecs . Grégoire de Nysse a inauguré l’usage de qualifier de mystique la démarche de découverte et d’approfondissement de la foi chrétienne qui suit la réception des sacrements. Pour le baptême et l’Eucharistie notamment, il s’agit non plus seulement d’être initié préalablement, mais d’assimiler et de devenir dans l’expérience de ce que l’on a reçu. En cohérence avec ce que Paul appelait le  mystère , la tradition chrétienne a progressivement développé une présentation de la vie du Christ déclinée en divers tableaux appelés mystères.

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