Principes d’intelligence artificielle PDF

Please forward this error screen to cpanel. Le Conseil d’État comprend 231 membres en principes d’intelligence artificielle PDF et 408 agents.


Comment sont recrutés les membres ? Et les agents du Conseil d’État ? Découvrez la justice administrative en France, son organisation et ses métiers. Informations contentieuses et actualités du Conseil d’État. L’extraordinaire engouement qui entoure aujourd’hui la question de l’intelligence artificielle et du recours aux algorithmes ferait presque oublier que ces derniers ne sont pas nés hier, ni même au siècle dernier. L’étymologie du mot l’atteste, puisque le terme d’algorithme serait issu de la latinisation du nom propre Al-Khawarizmi, qui était celui d’un mathématicien perse du IXème siècle ayant rédigé l’un des tout premiers traités d’algèbre.

Les transformations occasionnées par ce changement d’échelle sont profondes et elles touchent tous les domaines de la vie humaine, des transports à la santé en passant, bien sûr, par les services publics, la justice et l’office du juge. Dans un tel contexte, ni le droit, ni le juge administratif ne peuvent être dispensés d’une réflexion approfondie sur ces sujets qui constituent, à n’en pas douter, l’un des plus importants défis à relever dans un avenir proche. L’intelligence artificielle est en effet porteuse de transformations majeures, mais ambivalentes, auxquelles le juge administratif est ou sera directement confronté. Le principal intérêt de l’intelligence artificielle en matière administrative est de faciliter le processus décisionnel. Dans le domaine de la justice aussi, les algorithmes sont de nature à transformer la manière dont les juges prennent leurs décisions. Par leur puissance de traitement, les algorithmes et les logiciels d’intelligence artificielle ouvrent ainsi des possibilités de transformation en profondeur du processus décisionnel dans les services publics et, notamment, la justice. Derrière ces perspectives de progrès, se dissimulent néanmoins des questions et des risques nouveaux.

Au premier chef, la crainte existe que l’intelligence artificielle fasse perdre toute autonomie ou toute autodétermination aux êtres humains et à leurs organisations et finisse par s’y substituer. Une seconde crainte tient au fonctionnement même de l’intelligence artificielle. Dès lors que les algorithmes restent conçus par des êtres humains, ils sont susceptibles de reproduire leur subjectivité et leurs biais, même inconscients. Il a ainsi été démontré que les algorithmes utilisés pour calculer le risque de récidive des prévenus reproduisent les biais ou préjugés sociaux, voire raciaux, de leurs concepteurs. Enfin, les capacités de collecte, de stockage et de traitement des données dont se nourrissent les algorithmes permettent aujourd’hui des rapprochements de renseignement auparavant impossibles ou très difficiles à réaliser, faisant ainsi peser un risque important sur le respect du droit à la vie privée. L’intelligence artificielle, au vu des opportunités qu’elle ouvre et des transformations économiques et sociales qu’elle induit, est une véritable révolution. Elle revêt toutefois la spécificité d’affecter de manière ambivalente non pas les accessoires de la vie humaine, mais son essence même : l’intelligence.

La puissance de l’intelligence artificielle doit, par conséquent, faire l’objet d’une régulation adaptée qui repose sur une logique de transparence et de responsabilité. La difficulté tient néanmoins à la complexité intrinsèque de ces algorithmes qui, même transparents, resteront inintelligibles au plus grand nombre. En outre, il est indispensable de définir un principe de responsabilité applicable à tous les acteurs concernés. C’est à la puissance publique qu’il revient, au premier chef, d’accompagner les mutations économiques, sociales et technologiques auxquelles nous sommes confrontés et de définir un équilibre qui soit exigeant sur la protection des droits, mais sans brider l’innovation, ni faire obstacle au changement.

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