Réussir à tout rater (Mieux vivre) PDF

L’expression paraît inadéquate : la vie suit de toute façon des processus qui nous sont étrangers. On ne parvient pas à vivre comme on atteindrait un objectif déterminé, parce qu’on n’a pas réussir à tout rater (Mieux vivre) PDF de naître : on se trouve projeté dans l’existence sans avoir rien demandé ! Réussir sa vie, ça n’est pas simplement vivre.


De toute part, on nous presse de tout réussir : d’être plus beau, plus mince, plus performant, de manger bio, de communiquer efficace et d’être heureux.   Comme un grand bol d’air, ce livre permet de respirer. Véritable anti-manuel de développement personnel, il cultive le paradoxe et montre comment aller de plus en plus mal !
Rempli de bons conseils, de témoignages d’ experts et d’exercices pour vous entraîner, il livre les clés des états d’esprit et des comportements qui ne résolvent rien ou, mieux encore, qui créent ou alimentent le problème.

Il aidera tout un chacun à se compliquer l’existence avec délice. Avec plus de 100 moyens de tout rater, il montre comment échouer à coup sûr.

Nombreux dessins humoristiques.

 

 

On peut réussir quelque chose à partir du moment où l’on sait quoi réussir : il est possible de réussir sa sauce béchamel, parce qu’on sait ce qu’est une sauce béchamel et comment la préparer. Mais une vie, ça se réussit comment ? Considérer sa propre vie comme un projet paraît dès l’abord irréaliste : on prend sa propre vie comme on prend un train en marche. Nous sommes vivants avant même de décider que nous allons vivre.

C’est supposer qu’il y a moyen de programmer sa vie, ne serait-ce qu’en partie, d’agir efficacement sur elle. C’est dire qu’elle a des mécanismes maîtrisables. Alors une vie réussie, comment ça marche ? Suffit-il de les atteindre pour réussir sa vie ? Question difficile : il s’agit de savoir si l’on peut faire de sa vie une œuvre, bien vivre comme on joue bien du piano !

Si c’est possible, il ne s’agit que de trouver la recette : la vie doit avoir un mode d’emploi. Il en fourmille : entre les principes religieux, sociaux, éthiques Lesquels choisir ? Pour commencer modestement le catalogue de ces trucs, on peut en toute simplicité se demander comment être soi-même. Pourquoi déterminer à quelle sauce nous voulons nous préparer nous-mêmes, et quel programme nous devons suivre ? Si nous ne pouvons résoudre la question du sens de la vie, osons dire qu’il est plus aisé de rater sa vie, en ne cherchant plus à lui donner de sens.

Le raisonnement est facile et assez déprimant : il n’y a pas de raison pour que j’existe, pour que quelque chose existe plutôt que rien. Nous éprouvons l’absurdité de l’existence si nous adoptons la lucidité de Sisyphe en regardant le monde : nous n’y trouvons pas notre place. Il est le résultat de processus où nous n’avons rien à faire. Pourrait-on affirmer que la vie n’a de sens que celui que nous inventons, ce qui ferait de nous des Hommes libres, donnant sens au monde, presque portant le monde ? Serions-nous des Sisyphe, portant nos inutiles existences avec un effort tout aussi héroïque et vain ? On ne s’assoit pas devant sa vie pour se demander ce qu’on va en faire : on en fait partie, et on en dépend comme tout vivant. Constat terrible, mais qu’il est grand temps de faire : l’Homme n’est pas surnaturel !

Nous voilà ramenés au rang de toute chose, existant sans raison qui lui soit propre. Seuls ceux qui se prennent encore pour des dieux prétendent s’en faire les maîtres et possesseurs : la vie nous mène plus que nous la menons, sans que cela ait de sens, ni pour nous, ni pour elle. Citations : Si je n’essayais pas de reprendre mon existence à mon compte, ça me semblerai tellement absurde d’exister. Sartre, Les Chemins de la liberté. L’enfer ici bas, c’est de laisser fuir cette vie unique sans rire et sans jouir, sans céder à la folie, sans partir conquérir amour plaisir et fortune. Le SIDA a rendez-vous avec la Lune.

L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie. I Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. Le Mythe de Sisyphe, L’absurde et le suicide. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. L’unité de la pensée et de la vie est complexe : un pas pour la vie, un pas pour la pensée.

This entry was posted in Romans policiers et polars. Bookmark the permalink.