Saint Bernard de Clairvaux (Biographies Historiques) PDF

Archidiacre d’Aoste, il fonde vers 1050 un hospice, au sommet du col du Mont-Joux, qui porte désormais son nom : l’hospice du Grand-Saint Bernard de Clairvaux (Biographies Historiques) PDF-Bernard. Il est canonisé par l’évêque de Novare, en 1123, inscrit au calendrier romain par le bienheureux Innocent XI, en 1681, puis déclaré patron des alpinistes, des voyageurs et habitants des Alpes par Pie XI, en 1923. Source de confusions, cette légende inspire encore de nos jours ses biographies et son iconographie dominante. Prédicateur itinérant, il exhorte la population de son diocèse et des régions environnantes à la conversion, étant lui-même un exemple de sobriété et de vertus.


Mort il y a tout juste 850 ans, Bernard de Clairvaux (1091-1153) est de ces personnages à ce point complexes qu’ils en deviennent paralysants. Y compris pour les historiens.

Issu d’une famille de l’aristocratie, premier abbé de Clairvaux, il est, d’abord, la figure de proue du prodigieux essor des cisterciens, ces « moines blancs » qui ont rénové en profondeur – et durablement – la vie religieuse de l’Occident médiéval. Encore fallait-il jauger le poids réel d’un génie aux facettes innombrables en le replaçant au cœur d’un siècle lui aussi complexe qui aura connu un schisme dévastateur et des mutations qui touchent à tous les aspects de la vie de l’Orient et de l’Occident. Celui qui s’est dit « la chimère de son siècle » a initié une croisade et théorisé la « guerre sainte », a mis la main à tout ce qui a pu agiter la vie religieuse, politique, intellectuelle ou artistique d’un moment de l’Histoire entre tous fécond. Moine engagé aux foucades redoutées des papes comme des princes, brutal dès lors qu’il s’engage – pas toujours à bon escient : l’« affaire Abélard » en est une illustration caricaturale –, Bernard de Clairvaux est aussi un prêcheur formidable, un écrivain de haute volée, un ascète exigeant et un mystique parmi les plus inspirés. Un demi-siècle et plus de savantes recherches bernardines intenses permettent d’évaluer à nouveaux frais la personnalité la plus charismatique et la plus controversée du premier XIIe siècle, tout comme l’exacte nature des impulsions d’un homme tout entier féodal qui, souvent hors du cloître, a pesé sur son temps davantage que quiconque. Connaisseur sans pareil du xiie siècle et écrivain de grande race, Pierre Aubé relève avec panache un défi difficile et comble brillamment une lacune dans la galerie des portraits du Moyen Age européen.

Pierre Aubé, médiéviste, professeur à Rouen pendant trente ans, a publié des ouvrages constamment réédités et traduits en plusieurs langues : Baudouin IV de Jérusalem, Les Empires normands d’Orient, Jérusalem 1099, Roger II de Sicile, un surprenant Eloge du mouton et, chez Fayard, des biographies de Godefroy de Bouillon et de Thomas Becket.

Image de dévotion explicitant la vie de saint Bernard. Au centre le saint, avec son iconographie dominante. Pour sécuriser les Alpes, Bernard fonde un hospice au sommet du Mont-Joux, vers 1045-1050, au lieu de reconstruire le monastère de Bourg-Saint-Pierre. Bernard le place sous le patronage de saint Nicolas de Myre, patron des marchands, dont le culte est en expansion de l’Italie à l’Allemagne du Sud bien avant 1087, date du transfert de ses reliques d’Asie Mineure à Bari. Prédicateur itinérant, Bernard exerce son ministère de la parole non seulement dans la région d’Aoste, mais encore dans les montagnes et les plaines des alentours.

En raison des miracles obtenus sur la tombe de Bernard, Richard, évêque de Novare, le canonise en 1123. Saint Bernard est inscrit au calendrier des saints de l’église universelle en 1681 par le bienheureux Innocent XI, ancien évêque de Novare. Le pape Pie XI, en 1923, le déclare patron des alpinistes, des habitants et des voyageurs des Alpes. Les ossements de saint Bernard sont conservés à Novare, depuis son décès. Ils sont d’abord restés au convent de saint Laurent-hors-les murs, jusqu’à sa destruction, en 1552, pour agrandir la ville. Son crâne, muni de neuf dents à la mâchoire supérieure, a été sorti de sa tombe et placé dans un buste reliquaire, le 15 juin 1424.

Il lui reste actuellement quatre molaires, ce qui signifie que les cinq autres dents ont été distribuées. Une est au château de Menthon et une autre à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard. Les chanoines de l’hospice du Grand-Saint-Bernard, n’ont que des parcelles d’ossements de leur fondateur. Ils ont essayé à plusieurs reprises de récupérer son corps, mais en vain. Les hospices fondés par saint Bernard ont marqué ses contemporains.

Ils ont ainsi renommé en son honneur le col du Mont-Joux en Grand-Saint-Bernard et celui de Colonne-Joux en Petit-Saint-Bernard. Statue monumentale de saint Bernard de Menthon au col du Petit-Saint-Bernard, 1905. Richard de Valdisère, se présentant comme le successeur immédiat du saint comme archidiacre d’Aoste, rédige une vie de saint Bernard que nous nommons pour cela la  Richardine . Gravure de saint Bernard de Menthon, vers 1830, portant les armes de la Maison de Menthon. L’auteur se présente comme le contemporain de Bernard, mort selon lui en 1008, et également le contemporain de la translation des reliques de saint Nicolas à Bari, en 1088. Un homme peut difficilement être le contemporain d’événements distants de 80 ans.

Le rapprochement de Bernard avec la Maison de Menthon semble également problématique. En effet, durant le Moyen Âge, aucune église ou chapelle de cette seigneurie, ou du diocèse de Genève sur lequel elle se situe, n’a été construite ou mise sous le patronage de ce saint. Bernard est mentionné docteur in utroque alors que ce titre académique n’existait pas à son époque, mais à partir des années 1200-1230. Sarrasins qui occupent le col à cette époque et empêchent le passage.

En plus de ces erreurs, les biographes postérieurs en ajoutent. Cette légende tenace continue d’influencer jusqu’à nous jours la vie de saint Bernard. Les éléments les plus ennuyeux sont les dates extrêmes de sa vie, anticipées d’un siècle, soit de 923 à 1008 au-lieu de vers 1020 jusqu’à 1081 ou 1086. Gravure sur bois de saint Bernard de Menthon, selon sa légende qui y intègre un diable enchaîné, vers 1470. La vie de saint Bernard est embuée de légendes. Il a probablement été écrit à l’occasion de sa canonisation en 1123, par Richard, évêque de Novare.

L’auteur de ce texte indique dans son prologue qu’il ne parlera que des faits qu’il connaît. Le jour de la mort et de la sépulture de Bernard, les 12 et 15 juin, sont contenus dans le panégyrique. Saint Bernard est célébré le 15 juin tant à Novare, à Ivrée, Verceil, Sion qu’à l’hospice du Grand-Saint-Bernard. Elle le fait mourir le vendredi qui suit la fête de la Trinité, qui en 1008 était le 28 mai. Pour la mort du saint, l’année 1086 est retenue par le convent de saint Laurent-hors-les-murs de Novare, où Bernard est décédé. Lorsque son crâne a été placé dans un reliquaire, le jeudi 15 juin 1424, un document notarié a été rédigé pour commémorer l’événement. Il s’appuie sur d’antiques documents, aujourd’hui disparus.

Une seconde année est également retenue pour la mort de Bernard: 1081. Elle est obtenue en reconstruisant l’itinéraire de l’empereur Henri IV, d’après les actes rédigés de son vivant. Désireux de faire la vérité sur saint Bernard, les chanoines de la cathédrale de Novare ont mandaté en 1963 le docteur Judica Cordiglia, de l’institut de médecine légale de l’université de Milan, pour examiner les ossements dits de saint Bernard, en leur possession. Ils étaient et sont toujours répartis en trois reliquaires, un pour son crâne, les deux autres pour les restes du squelette encore en leur possession.

Bernard est donc né vers les années 1020. La sécurisation du Mont-Joux va prendre du temps. Conformément aux coutumes du temps, la reine Ermengarde confie les postes clefs tant politiques que religieux à des membres de sa parenté, étant elle-même descendante du roi de Provence Louis III l’Aveugle. Le panégyrique de Novare, ne mentionne pas la fondation de l’hospice du Grand-Saint-Bernard, mais il laisse une porte ouverte en annonçant qu’un parent du nouveau saint va en écrire la vie. C’est justement dans ces non-dits que s’est engouffrée la Richardine. Les conditions politiques pour la fondation de l’hospice sont réunies depuis 1045.

Ce que nous savons, c’est qu’un hospice est mentionné au sommet du Mont-Joux en 1100, année où Humbert de Savoie en augmente les ressources. En 1125 cette église est placée sous le patronage de saint Nicolas de Myre. Bernard comme fondateur de l’hospice, c’est l’argument de M Lucken. Par contre, en examinant les donations des passants, le délai entre sa canonisation et sa mention comme protecteur de l’hospice est bien plus bref.

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