STATUES. : Le second livre des fondations PDF

La pyramide de Mykérinos est la plus petite des trois grandes pyramides du plateau de Gizeh. Elle s’élève à la hauteur de 63 mètres à l’extrémité Sud du plateau, ne représentant qu’un dixième du volume de la sTATUES. : Le second livre des fondations PDF grande, la pyramide de Khéops. Le complexe funéraire de Mykérinos est le troisième et dernier grand chantier royal édifié à Gizeh à la IVe dynastie.


« Le sphinx égyptien, corps de fauve rasé à face royale, tient parfois entre ses mains, alors humaines, comme en offrande, une sorte de table ou de boîte sur laquelle repose une tête de bélier : dos de bête et visage d’homme doublé d’un museau à corps empaqueté. On peut voir ailleurs et en grand nombre des sphinx criocéphales, lion dévorant et ovin dévoré incorporés. A-t-on jamais vu le loup et l’agneau ou l’homme et le taureau cousus ensemble dans la même fabuleuse peau ? Ici, la statue se décompose et se rythme comme si elle se dépliait : le mufle animal à corps de boîte précède un monstre à croupe léonine et tête humaine ; celle-ci paraît sacrifier une tête de bête. Si le fauve a tué le bélier, que fait l’homme au milieu d’eux ? Qu’y a-t-il dans la boîte noire ? On dirait que Pharaon se cache derrière la face bestiale. Entre deux parties animales d’espèces différentes l’homme et la boîte s’entrelacent mystérieusement. Qu’est-ce qu’un fétiche ? Comment le fabrique-t-on » ? Michel Serres évoque ici le profond mystère de la mort, et l’élévation des statues qui en procède depuis l’aube des temps. Livre multiple, Statues est une réflexion sur la sculpture, nourrie des mythes, de l’histoire et de la littérature.

L’ensemble présente un plan régulier alignant les différents éléments constitutifs du complexe pyramidal égyptien avec le temple du culte du roi défunt situé contre la face est de la pyramide, relié à un temple bas ou temple de la vallée, par une longue chaussée de plus de six cents mètres de longueur. Tout autour du monument royal de Mykérinos se trouvent des nécropoles et d’autres tombes princières ou de reines venant compléter et accompagner la tombe du roi dont le culte fut maintenu tout au long de l’Ancien Empire. Outre les trois pyramides de reines bâties sur le flanc sud de la pyramide du roi, on trouve au sud-est du temple funéraire une nécropole des prêtres du culte du roi, installée dans la carrière qui servit pour la construction des monuments. La base de la pyramide est un carré presque régulier de 104,6 mètres de côté.

20′ portant l’élévation du monument initialement à près de 65 mètres de hauteur. Comme pour la pyramide de Khéphren, le sol du site étant irrégulier, les architectes ont dû réajuster l’ensemble grâce à d’énormes blocs de pierre afin de préparer l’édification de la pyramide. Pour y parvenir les tailleurs de pierre entamèrent le plateau calcaire choisi pour l’édification du complexe sur sa partie occidentale, débitant de manière régulière et systématique de grands monolithes. Ce travail est considérable et démontre assez bien l’énormité du chantier alors engagé. La pyramide elle-même est constituée de gros blocs taillés dans un calcaire local extrait des carrières environnantes. Ajustés en assises régulières ils forment des gradins sur lesquels prennent appuis les blocs du parement. C’est de cette époque également que date la grande saignée qui éventre la face nord de la pyramide.

Ses miniers se basant sur leur expérience acquise sur les deux grandes pyramides voisines, attaquèrent immédiatement la face nord à une hauteur d’une vingtaine de mètres dans le parement de la pyramide espérant y découvrir l’entrée du monument. Caviglia et Vyse à la recherche également de l’entrée de la pyramide, poursuivront ce même raisonnement et donc le même chemin que les mamelouks en creusant un puits profond dans le cœur de la maçonnerie espérant mettre au jour les pièces intérieures de la pyramide sans plus de résultats. L’accès à l’infrastructure de la pyramide ne fut finalement découvert qu’en 1837 par Vyse à quatre mètres du sol presque l’aplomb de la tranchée du Moyen Âge non loin des travaux quelque peu excessifs de ses prédécesseurs. L’entrée des appartements funéraires est aménagée traditionnellement dans la face nord de la pyramide. Après avoir traversé le corps du monument un couloir s’enfonce dans le sol rocheux et débouche dans une première antichambre au plan rectangulaire et dont les parois sont décorées de motifs sculptés en façade de palais. Immédiatement après cette pièce se trouve la chambre des herses munie d’un dispositif coulissant de trois porticuli en granite barrant l’accès au reste des appartements funéraires constitué d’un couloir en pente douce menant à une grande pièce rectangulaire orientée est-ouest donnant sur une petite alcôve qui devait initialement servir de chambre funéraire.

Le sarcophage quant à lui est daté de l’époque saïte confirmant que le tombeau avait déjà été profané et nécessité l’intervention des prêtres afin de restaurer ce qui pouvait encore l’être. L’exploration de cette pièce a également révélé un second couloir parallèle au premier et situé au-dessus du premier. Prolongé par une autre descenderie remontant dans le noyau de la pyramide, ce second dispositif est interprété comme un changement de plan réalisé au cours de l’édification de la pyramide. Il aurait été le couloir d’accès du projet initial et donc logiquement aurait débouché à l’extérieur de la pyramide au milieu de son parement de calcaire. Un troisième dispositif a été découvert sous la chambre rectangulaire.

Aménagé dans son sol un couloir descend vers une grande chambre de plus de six mètres de longueur sur deux mètres soixante de large. C’est dans cette chambre funéraire qu’a été découvert le sarcophage original du roi. Il était fait en basalte et décoré d’un motif de façade de palais figurant sur ses longs côtés quatre bastions à redans encadrant trois portes factices, les petits côtés répétant le même dispositif réduit à deux bastions et une fausse porte. L’ensemble était encadré par un tore et surmonté d’une corniche à gorge égyptienne. Ce sarcophage unique et exceptionnel pour cette haute époque de l’histoire de l’art égyptien a été prélevé peu après sa découverte afin d’être exposé dans les collections du British Museum. Pour ce faire, Vyse ordonna de faire démonter les parois de granite qui tapissaient le couloir d’accès à la chambre funéraire du roi, le sarcophage étant trop large pour passer par ce chemin.

Il apparaît donc que trois projets se sont succédé pour le tombeau du roi. Un premier de dimension modeste correspondant au couloir inachevé. Un second agrandissant le projet initial avec une antichambre, une chambre des herses, une grande pièce précédant une chambre funéraire qui sera finalement abandonnée. C’est la première fois que les appartements funéraires d’une pyramide royale sont aussi développés. Les tombes royales contemporaines reprendront et développeront les éléments constitutifs des appartements funéraires de la pyramide de Mykérinos.

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