Terre Humaine Cinquante ans d’une collection : Entretien avec Jean Malaurie PDF

Jean Malaurie par Claude Truong-Ngoc mai 2013. Hôtel de Ville de Strasbourg en mai 2013. Il est directeur d’études à l’Ecole des hautes études terre Humaine Cinquante ans d’une collection : Entretien avec Jean Malaurie PDF sciences sociales, et également le directeur et fondateur de la collection Terre Humaine aux éditions Plon.


 » […] Depuis un demi-siècle, cette collection forgée et pensée par Jean Malaurie, parce qu’elle rencontre une vérité, vit de sa propre vie. Dans une unité toujours préservée, faite d’une exigence d’authenticité et d’engagement, de précision ethnographique et d’implication personnelle, de récits lavés de toute illusion mais ouverts à l’altérité -la plus radicale, d’esprit de résistance. Géographe qui lit dans les pierres, le fondateur de Terre Humaine a su se faire anthropologue et poète pour témoigner avec passion de la beauté et de la tragédie du peuple des glaces. Avant d’autres, il a su que le croisement des regards est fertile que le splendide isolement des disciplines scientifiques. Avec d’autres, il a su faire de ces livres un carrefour essentiel entre les sciences humaines, réinventant à l’échelle des civilisations perdues ou des minorités oubliées l’ambition d’un Balzac ou la vision d’un Giono. En plaçant le premier ouvrage, le sien propre, sous les auspices des  » mille tendresses du monde dans lesquelles il faut se plier  » et en reconnaissant que  » seul le marin connaît l’archipel « , Jean Malaurie s’inscrit dans une belle tradition. Les auteurs de Terre Humaine sont tous des marins avertis qui savent témoigner des archipels découverts en hommes libres et sensibles. Et parce qu’il s’agit de témoignages qui traquent la vie, ils sont destiné au plus large partage. Terre Humaine n’est pas une collection réservée aux universitaires. Elle n’est faite ni seulement par eux, ni seulement pour eux. C’est une collection pour tous les lecteurs, curieux de l’autre, curieux du monde. A l’heure où les sciences humaines se replient trop souvent dans les espaces étroits des spécialisations universitaires, où le langage technique se substitue au plaisir de la langue, Terre Humaine continue à montrer la voie, persévère à donner la parole au muet, à l’illettré, à l’humble, à l’exclu, au condamné autant qu’au penseur et au savant, persiste à bousculer toutes les frontières et à brasser les voix, parce que ses auteurs croient encore et toujours, envers et contre tout, en la vérité du verbe poétique, à l’image ces titres de ces récits qui sont autant de porte-drapeaux de la polyphonie et de la prose du monde. A l’écart des appareils et des académies, Jean Malaurie a construit depuis cinquante ans avec foi, patience et ténacité une œuvre unique, qui donne à voir et à comprendre le monde autrement, dans sa profondeur, dans sa grandeur. […] « , Jacques Chirac, Président de la République, extrait de la préface de cet ouvrage. Dans cet entretien à bâtons rompus, Jean Malaurie parcourt sa vie, ses rencontres, ses lectures (de Tchekhov à Goethe), revient sur son œuvre scientifique et éditoriale, rend hommage à sa maîtres et à tous ses auteurs,  » compagnons en Terre Humaine « .

Jean Malaurie est marqué, durant son enfance, par la pensée légendaire des châteaux du Rhin. Il fait ses études supérieures à l’Institut de géographie de l’Université de Paris, et a pour maître Emmanuel de Martonne, qui, quinze ans auparavant, a été le maître de Julien Gracq. O, avec deux traîneaux à chiens. Talayesva, Pour l’Afrique, j’accuse de René Dumont et Carnets d’enquêtes d’Émile Zola. Terre Humaine a pour vocation de décentrer notre vision d’Occidentaux. En 1968-1969, il dirige la section française de la Commission gouvernementale franco-québécoise, au moment de la création du territoire autonome du Nouveau-Québec, appelé plus tard Nunavik.

Elles ont contribué à l’élaboration du statut des territoires arctiques canadiens, inspiré principalement par Charlie Watt, sénateur inuit à Ottawa. Jean Malaurie a dirigé la première expédition soviéto-française en Tchoukotka sibérienne en 1990, à la suite de la requête du gouvernement soviétique et de l’académicien Dimitri Likhatchev, conseiller scientifique de Mikhaïl Gorbatchev. Il en est le Président d’Honneur à Vie. Au cours de trente et une missions, du Groenland à la Sibérie, il a enseigné une méthode — l’anthropogéographie de la pierre à l’homme — rappelant que les peuples arctiques ne peuvent être compris dans leur histoire, leurs rituels, leur sociologie, que dans le cadre d’une réflexion sur les relations dialectiques avec l’environnement physique, la faune et la flore. Jean Malaurie est un défenseur des droits des minorités arctiques, menacées par la mise en valeur industrielle et pétrolière du Grand Nord. La mondialisation, suivie de l’unification des cultures, est un malheur :  Je ne cesserai de plaider contre la mondialisation.

Le pluralisme culturel est la condition du progrès de l’humanité. Il a été et est le consultant des quatre gouvernements : États-Unis, Canada, Danemark, Russie. Depuis 2007, il est aussi le président d’honneur de l’Uummannaq Polar Institute, institution ayant pour vocation la conservation de la culture groenlandaise locale et la promotion de programmes éducatifs pour les jeunes Inuits. Figure de proue de la recherche polaire française dans la lignée du Commandant Charcot, capitaine du Pourquoi-Pas ?

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