Trégor, Goëlo, Penthièvre : Le pouvoir des Comtes de Bretagne du XIe au XIIIe siècle PDF

Enfant, Arthur est élevé dans le duché de Bretagne sous la garde de sa mère Constance et avec l’accord des souverains Henri II Plantagenêt, son grand-père trégor, Goëlo, Penthièvre : Le pouvoir des Comtes de Bretagne du XIe au XIIIe siècle PDF de Richard Cœur de Lion, son oncle. Après son retour de croisade, le roi semble vouloir prendre Arthur sous son aile.


Le destin des Comtes de Bretagne (ou Eudonides), branche cadette de la dynastie ducale des comtes de Rennes, conduit à s’interroger sur l’unité politique et juridique de la Bretagne de l’an mil à l’intégration de cette principauté dans l’ordre capétien au début du XIIIe siècle. A l’instar de celle du royaume de France, une unité politique ne fut guère possible tant que les forces centrifuges l’emportaient sur les éléments de réassociations. En l’occurrence, la rivalité qui opposa les Eudonides à la dynastie ducale dès le second XIe siècle ne fut définitiviment réglée que par Philippe Auguste qui permit à un duc capétien désormais incontesté de construire une  » identité  » bretonne autour de sa maison. Ce serait cependant à tort que l’on considérerait la Bretagne traverser aux XIe-XIIe siècles une période d’anarchie : les lignages comtaux surent globalement conserver le contrôle de leurs ressorts respectifs face aux velléités d’indépendance des châtelains. Dominant les comtés de Guingamp et de Lamballe en Bretagne nord soit les territoires du Trégor, du Goélo, de Penthièvre et celui de Richmond outre-Manche, les Eudonides offrent l’image d’une noblesse de Bretagne étroitement liée à celle des principautés et royaumes voisins. Cette interdépendance de la noblesse d’Occident interdit d’opposer une Bretagne méridionale, proche de la Loire, supposée  » ouverte aux influences extérieures « , et une Bretagne septentrionale considérée comme  » davantage refermée sur elle-même « . Outre l’implication des Eudonides dans les grandes affaires politiques de l’Occident chrétien, l’émergence des comtés de Guingamp, Lamballe et Richmond n’est pas sans rappeler celle d’autres  » comtés castraux  » en Normandie, Flandre ou au sud de la France. De même, les pratiques successorales des Eudonides témoignent d’un  » esprit communautaire  » observable dans bien d’autres hauts lignages du royaume.

Réunis à Saint-Malo-de-Beignon, les principaux aristocrates bretons réagissent en faisant allégeance à Arthur. Probablement peu après, il échappe à la garde des Bretons pour être élevé à la cour de Philippe Auguste, à l’abri des ambitions de Richard Cœur de Lion. Sa mère l’associe au gouvernement du duché. La mort inattendue de Richard Cœur de Lion le 6 avril 1199 à Châlus accélère les événements. L’héritier du duché de Bretagne pénètre en Anjou, confiant dans le soutien des aristocrates angevins.

En mai, il rencontre Philippe Auguste et lui prête hommage pour les comtés. Jean sans Terre est toutefois le grand gagnant de la compétition puisqu’il devient roi d’Angleterre et duc de Normandie. Mais dès la fin septembre de l’an 1199, l’enfant se met à nouveau sous la garde du roi de France. En septembre 1201, la duchesse Constance meurt.

Arthur devient le nouveau duc de Bretagne. En avril 1202, Philippe Auguste rompt la paix faite avec Jean sans Terre et par conséquent, favorise à nouveau Arthur. Le jeune prince participe à la campagne du roi de France en Normandie. Ce dernier va jusqu’à le fiancer à sa fille Marie. Il est proclamé duc de Bretagne, comte d’Anjou, du Maine, de Touraine et de Poitou. 15 ans, Arthur peut maintenant jouer un rôle plus actif.

Après que le roi Jean eut capturé Arthur et l’eut tenu vivant pour quelque temps en prison, après dîner le jeudi précédant Pâques, comme Jean était saoul et possédé du démon , il tua Arthur de sa propre main et jeta le corps, attaché à une lourde pierre, dans la Seine. Ralph, abbé de Coggeshall, Hubert de Burgh, l’officier commandant la forteresse de Rouen, reçut ordre du roi, avec le consentement de son conseil, d’énucléer Arthur et de lui faire subir d’autres mutilations de façon à le frapper d’incapacité au trône. Jean et notent que quinze jours après qu’il est commis, les Bretons s’assemblent en force à Vannes et envoient l’évêque de Rennes demander à Philippe Auguste de le faire juger par ses pairs. 1208 sur un prétexte apparemment futile, mais probablement plutôt en raison de fuites sur la mort d’Arthur, Jean sans terre saisit tous les domaines de Guillaume de Briouze, alors son principal favori, et exige qu’il lui remette son fils aîné en otage.

Maud de Briouze répond qu’elle ne confierait aucun de ses enfants à quelqu’un qui a si vilement assassiné son propre neveu. Sa sœur Aliénor de Bretagne, héritière légitime des Plantagenêt après la mort d’Arthur, restera en détention jusqu’à sa mort 38 ans plus tard sous Henri III d’Angleterre. Henri n’est âgé que de 7 ans se résout à recourir à l’un de ses cousins Pierre de Dreux connu pour son énergie. Bretagne et l’avènement de la dynastie des Montfort pour que les ducs s’affranchissent à nouveau de la tutelle française. Parmi les événements historiques évoqués dans la pièce de théâtre La Vie et la Mort du roi Jean écrite par William Shakespeare entre 1593 et 1596, le traitement infligé au jeune Arthur prend une place importante, sans toutefois donner une réelle unité à la pièce. Dans l’acte IV, Hubert de Burgh, le geôlier d’Arthur, s’apprête à sacrifier Arthur en lui brûlant les yeux au fer rouge sur les ordres du roi Jean.

L’innocence du jeune prince l’en dissuade. Cependant, les nobles arrivent à convaincre Jean qu’il vaut mieux libérer Arthur que le tuer, car le peuple murmure. Quand Hubert se présente, tous interprètent son silence comme l’aveu d’une mission accomplie. Cet ouvrage posthume est publié en 1935 par A. En 1995, une piste de l’album Portraits du groupe breton Tri Yann et narrant la vie du prince est nommée Arthur Plantagenest. Sa loyauté n’égalait pas celle du mourant car il avait soutenu Jean sans Terre lors de sa dernière invasion.

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