Traverser Tchernobyl PDF

Le réacteur no 4 et son sarcophage. L’accident a été provoqué par l’traverser Tchernobyl PDF incontrôlée de la puissance du réacteur no 4 conduisant à la fusion du cœur. 110 kilomètres de la capitale Kiev, près de la frontière avec la Biélorussie.


Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explosait. Sur une catastrophe dont on croit avoir épuisé les récits, des secrets peuvent encore être mis au jour. Voici vingt ans que Galia Ackerman fréquente ceux qui sont la mémoire de Tchernobyl. Scientifiques, artistes, écrivains, ethnographes, et tout ceux qui sont restés, malgré l’interdiction. Quelle vie après la catastrophe ? Traverser Tchernobyl compose un tableau unique et intime du désastre et de ses conséquences. Mais aussi, en creux, de l’ex-URSS et de ce qu’elle est devenue. Loin des images d’Epinal, l’auteur nous emmène dans des lieux inattendus : la plage ensoleillée du bord de la rivière Pripiat, les forêts habitées par une faune sauvage, le cimetière juif abandonné, les alentours du plus grand radar de détection de missiles intercontinentaux de toute l’URSS, les décharges nucléaires… Elle raconte le vieil homme heureux de sa pêche radioactive, les orphelins irradiés, les vrais et les faux héros de Tchernobyl. Un voyage sur une terre fantomatique. Dans le monde d’après.

Les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, controversées, sont importantes aussi bien au plan sanitaire, écologique, économique que politique. Plus de 200 000 personnes ont été définitivement évacuées. L’accident s’est produit lors d’un exercice qui avait pour but de prouver que la centrale pouvait être relancée d’elle-même à la suite d’une perte totale du réseau électrique. Ce laps de temps étant considéré comme trop élevé, l’objectif était d’utiliser l’énergie cinétique du turbo-alternateur pour relancer les pompes de recirculation primaires pendant cette période. Les réacteurs RBMK sont instables à faible puissance avec du combustible peu enrichi comme c’était le cas. Le réactif de l’explosion est le fluide caloporteur, en l’espèce de l’eau légère.

Les opérateurs de la centrale n’en étaient pas au courant. D’autre part, pour pouvoir utiliser de l’uranium 235 peu enrichi, le réseau en fonctionnement est proche de l’optimum de modération. Ces dispositions étaient considérées comme bonnes par les concepteurs parce qu’elles rendent le réseau relativement peu sensible aux variations du taux de vide dans le cours du fonctionnement normal du réacteur. En effet, plus le taux de vide est variable en fonctionnement, plus la puissance est élevée, plus la pression de vapeur est basse et plus le taux de vide est élevé dans le cœur. Dans certaines configurations toutefois, on peut se trouver avec un cœur surmodéré dans lequel la disparition d’atomes d’hydrogène modérateurs et celle d’atomes d’oxygène absorbants, induites par l’augmentation du taux de vide dans le cœur, provoquent une augmentation de la réactivité.

Le réacteur est placé à un niveau de puissance faible afin de débuter l’expérience, de ce fait il est devenu instable : le coefficient de vide était positif, c’est-à-dire que plus le réacteur chauffait, plus il produisait de vapeur et plus la réactivité augmentait, le système était divergent. Ce phénomène dû à la conception est pourtant bien connu, c’est pourquoi il était interdit de maintenir le réacteur dans cet état. Le graphite utilisé comme modérateur est inflammable à haute température. Ce système d’arrêt d’urgence est assuré par le déplacement de barres absorbantes, dites barres de contrôle, qui descendent dans le cœur du réacteur. En outre, dans certaines situations les barres de contrôle accroissent la réactivité durant la première phase de leur descente dans le cœur. Outre ces problèmes de conception, la construction de la centrale a été réalisée sans respecter les normes en vigueur. Un essai d’îlotage était prévu sur le réacteur no 4, pour tester l’alimentation électrique de secours qui permet au réacteur de fonctionner en toute sécurité pendant une panne de courant.

L’expérience était initialement prévue dans la journée du 25 avril, mais une autre centrale électrique tomba en panne et le centre de régulation de Kiev demanda de retarder l’expérience car son énergie était nécessaire pour satisfaire la consommation électrique de la soirée. Kiev donna l’autorisation de reprendre l’expérience. L’accident s’est alors produit à la suite d’une série d’erreurs commises par les techniciens de la centrale en supprimant sous les ordres de leur supérieur, Anatoli Diatlov, plusieurs sécurités. Les opérateurs ont notamment violé des procédures garantissant la sécurité du réacteur et donc de la centrale. Le test prévoyait que la puissance du réacteur soit située entre 700 et 1 000 MW.

Lorsqu’elle atteint environ 500 MW, le responsable du régime du réacteur, Leonid Toptunov, commet une erreur en insérant les barres de commande trop loin. Le flot supplémentaire entraîne une hausse de température dans les échangeurs de chaleur. Le système demande l’arrêt d’urgence mais les signaux sont bloqués et les opérateurs décident de continuer le test. Les vannes d’alimentation en vapeur de la turbine sont fermées, ce qui fait augmenter la pression dans le circuit primaire. Durant ce temps, l’alimentation des pompes était fournie par l’inertie des turbo-alternateurs. Le débit d’eau passant dans le réacteur décroît au fur et à mesure de la baisse de régime des turbo-alternateurs, ce qui provoque la formation de bulles dans le liquide de refroidissement. Alexandre Akimov, sous les ordres d’Anatoli Diatlov, l’ingénieur en chef adjoint, déclenche l’arrêt d’urgence.

De petites explosions se produisent, éjectant les barres permettant le pilotage du réacteur. Les 1 200 tonnes de la dalle de béton recouvrant le réacteur sont projetées en l’air et retombent de biais sur le cœur du réacteur qui est fracturé par le choc. Un incendie très important se déclare, tandis qu’une lumière aux reflets bleus se dégage du trou formé. Brioukhanov persistera à appliquer toute la journée, n’aura pour effet que de libérer plus de radio-éléments dans l’atmosphère et de noyer les installations souterraines communes aux réacteurs 3 et 4, menaçant gravement le fonctionnement et l’intégrité du réacteur 3.

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