Villages de peintres PDF

Interprétations : le contexte social et religieux. Nés à Laon entre 1593 et 1607, Antoine, Louis et Mathieu Le Nain sont les fils d’un sergent royal au grenier à sel du bailliage du Vermandois en Picardie, Isaac Le Nain, dont le mariage avec Jeanne Prévost — fille d’un autre sergent royal appartenant à une famille aisée de Laon — lui a donné cinq enfants. On ne connaît pas non plus les conditions de leur apprentissage. Laon, docteur en Sorbonne, indique dans une histoire manuscrite de villages de peintres PDF ville écrite entre 1711 et 1723 que les trois frères ont appris leur métier  chez un peintre estranger , probablement flamand au vu de l’affinité de leur style avec celui des descendants de Breughel, les Teniers par exemple.


On les retrouve à Paris en 1630, habitant ensemble rue Princesse. Antoine ayant été admis l’année précédente comme  maître peintre  à Saint-Germain-des-Prés, il a ouvert un atelier avec Louis et Mathieu comme  compagnons  dans les dépendances de l’abbaye, qui abrite une colonie de peintres flamands. Le 20 janvier 1648 est fondée l’Académie royale de peinture et de sculpture, dont les trois frères deviennent membres dès le mois de mars. Sieur de Jumelle , du nom d’une de ses propriétés dans le Laonnois. Il réalisa les portraits de Mazarin, Anne d’Autriche et Cinq-Mars. Mathieu, qui estoit le dernier, estoit pour les grands tableaux, comme ceux qui représentent les mystères, les martyres des saints, les batailles et semblables.

Antoine et Louis travaillaient en commun et qu’il était impossible de distinguer sur une même toile la part de l’un ou de l’autre. Paul Jamot, a attribué à Antoine les œuvres plus primitives, de couleurs vives, de facture épaisse, comme les deux petits tableaux du Louvre, Réunion de famille, daté de 1642, et Portrait dans un intérieur. Jacques Thuillier considère que la distinction des différentes mains est fort délicate en l’état de nos connaissances et refuse de se prononcer :  Le jour n’est pas encore venu où l’on pourra définir avec précision la genèse d’un tableau comme la Famille de paysans. Une étude attentive, aidée par les moyens scientifiques, permettra sans doute de séparer les trois mains : et nous espérons que la présente exposition hâtera grandement ce résultat. Le Nain sous le titre  le Mystère Le Nain , et N. Mais il est aujourd’hui encore arbitraire d’attribuer un prénom à un tableau des Le Nain, un  Louis  pouvant se révéler être un  Antoine  et inversement.

Antoine, portraitiste et miniaturiste  ou encore  Mathieu, l’ambitieux . Plus le temps passe et plus les différences de sensibilité, de génie artistique, sont apparues entre les trois. La postérité de leur peinture reflète les variations du goût artistique au cours des siècles suivants. C’est Champfleury, critique littéraire et écrivain proche de Balzac, qui va, par de patientes recherches, sortir de l’oubli les trois frères dont il loue l’attachement à leur terre natale dont il est lui aussi originaire, la région de Laon. Cette veine réaliste va pourtant favoriser un regain d’intérêt pour leurs tableaux : Courbet s’en inspire, Corot rappelle l’atmosphère élégiaque de Louis, et retrouve la douce lumière des campagnes d’Ile-de-France. En l’état actuel de la connaissance des œuvres des frères Le Nain, sur une production estimée par J. Thuillier à plus de 2 000 toiles, dont 200 figuraient encore à l’inventaire de l’atelier d’Antoine à sa mort en 1677, 75 sont actuellement reconnues comme telles.

Le chef-d’œuvre en est selon J. Thuillier la  Famille de paysans  du Louvre, tableau réapparu seulement en 1914 à l’Hôtel Drouot, acquis par le Louvre en 1915 grâce aux fonds procurés par un legs. Sébastien Bourdon, qui pousse les frères Le Nain à se tourner vers ces sujets, autant que leurs origines picardes : ils connaissent bien les hommes et les paysages du Laonnois. Les visages des paysans locaux leur sont familiers, au point que l’on en retrouve certains dans différents tableaux : le personnage assis à droite dans la Forge de Vulcain ressemble fort à celui qui est assis à droite du Repas de paysans, la paysanne âgée assise à gauche sur cette même toile rappelle la Religieuse d’Avignon. Leur peinture transcende le style convenu des scènes de genre et son goût pour le pittoresque : elle s’attache à exprimer, au-delà du souci de réalité, un sentiment de dignité et de vie intérieure des personnages par le soin apporté à la figuration des attitudes et des regards, qui établissent une relation entre le tableau et le spectateur.

Les Joueurs de cartes, vers 1635-1638, Londres, Royal Collection Trust, Her Majesty Queen Elizabeth II. La Visite à la grand-mère, vers 1640, musée de l’Ermitage, Saint Petersbourg. Les Joueurs de Trictrac, vers 1640, musée du Louvre. La Famille heureuse ou Le Retour du baptême, 1642, musée du Louvre. Intérieur paysan au vieux joueur de flageolet, vers 1642, Kimbell Art Museum, Fort Worth, Texas. La Halte du cavalier vers 1640, Victoria and Albert Museum, Londres. 1645, National Gallery of Art, Washington.

Paysans dans une creutte, Petworth House, Petworth, Angleterre. 1640-1645, National Gallery of Art, Washington. La Querelle, 1640, National Museum of Wales. Le Concert, , musée d’art et d’archéologie de Laon.

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